‹ La ConscienceChapitre 87 sur 114 · ACTE V, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIII

le baron , devenu très- froid passant devant Edouard. Www encore ; ne lui dites rien de mon amour. Je lui parlerai de tout cela moi-même; c'est une affaire à débattre entre le père et le fils , et il est inutile qu'un étranger s'en occupe.

EDOUARD

Un étranger?

LE BARON

Pardon, Edouard, mais c'est qu'il m'a semblé que vous n'étiez pas favorable à la comtesse Sophie.

EDOUARD

Moi ?

LE BARON

Depuis que j'ai prononcé son nom, on dirait qu'un souffle de glace a passé entre nous !

EDOUARD

Je vous ai juré fidélité, inébranlable fidélité, baron! Doutezvous de ma parole?

LE BARON

Non ; je sais que vous êtes un homme sur la foi duquel on peut compter; maintenant, ami, la confidence a fait, du bien à mon cœur, et j'ai là, à mon tour, de la place pour votre chagrin.

EDOUARD

Baron, mon histoire n'est point de celles que l'on raconte aux gens heureux.

LE BARON

Edouard, vous m'avez promis....

EDOUARD

Je vous écrirai. .

LE BARON

Vous m'écrirez ! Vous vouliez me parler tout à l'heure !

EDOUARD

J'ai réfléchi, je ne le puis plus maintenant; un écrit vaudra mieux que mes paroles.

LE BARON

Mon Dieu ! qu'avez-vous, Edouard ? Vous pâlissez?

EDOUARD

Moi? Non! au contraire; c'est la première fois depuis longtemps que je me sens bien : car, à compter de ce moment , mon parti est irrévocablement pris. Je verrai la comte.-se Sophie , et soyez tranquille, j'agirai de mon mieux.

LE BARON

Mais moi, Edouard, ne puis-je rien pour vous?

EDOUARD

Rien, absolument rien, baron. Adieu.

LE BARON

Au revoir alors. (// prend son chapeau sur la table ) Je ne sais, Edouard, mais votre changement subit...,

EDOUARD

Vous défiez-vous de mon amitié?

le baron, avec hésitation d'abord.

Non ! non ! (Se retournant près de sortir.) Edouard , je mets mon bonheur entre vos mains.

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