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temps que l’iniquité, se donnant des airs de saint, trioraphe toujours devant le plus auguste tribunal du monde catholique.
Deux Evêques, Mgr. Taschereau et Mgr. Fabre, permettent que la Sacrée Congrégation de la Propagande soit ainsi trompée. De plus, ils se servent de leur autorité pour forcer les bons catholiques de la Province de Québec à abandonner leurs croyances religieuses inculquées et affermies par l’enseignement d’un saint Evêque, Mgr. Bourget, et d’un des Prélats les plus savants du monde, Mgr. Laflèche, et pour contraindre la raison se couvrant à Montréal de succès les plus glorieux à abdiquer ses droits et à se mettre en tutelle sous une institution qui ne fera pas autre chose que de lui enlever ses ressorts, de l’enchainer, de la tenir dans un état d’infériorité déplorable,
Lecteur, n’y a-t-il pas là un outrage abominable à la conscience de tous ceux qui s’attachent à la saine doctrine de l'Eglise ?
N'y at-il pas là aussi une violation des droits inhérents aux sciences naturelles ?
D'un côté, l’École du libéralisme, de l’autre, l'Ecole de la saine doctrine catholique,
Laquelle des deux a le droit de nous imposer la soumission à son enseiwnement,
On dit qu’il faut toujours obéir à l'autorité religieuse. Je ne conteste pas cela.
Mais l’obéissance à cette autorité divine est un acte fait par des êtres intelligents, Or un être raisonnable n’accorde pas sans motif à une chose son assentiment où son adhésion,
Si l'Ecole du libéralisme canadien avait assez d’audace pour tromper la Propagande au point de l’engager à ordonner aux catholiques du Canada de croire que le fleuve St. Laurent ne se couvre jamais de glace, l'hiver, il est évident que la soumission d'esprit imposée aux fidèles n'aurait plus alors sa raison d’être.
Eh bien! la lèpre du libéralisme couvre une partie assez considérable du corps social canadien. Nous avons cette lèpre sous nos yeux d'une manière évidente, comme nous pouvons voir, l'hiver, la couche de glace qui se fait sur la surface libre des eaux du St. Laurent, Si les informations
données et reçues à Rome relativement à l'existence de cette lèpre, sont complètement fausses, et que l’autorité romaine commande à ceux qui s'opposent à l'extension de cette plaie sociale de la regarder comme une illusion, il est évident encore que la soumission d’esprit imposée aux catholiques n’a pas sa raison d’être, dans un cas semblable, à moins de l’assimiler à une affreuse captivité intellectuelle,
Nous donnons notre adhésion à tout ce que nous enseigne le ministère pastoral dans l'Eglise catholique. (Cela ne veut pas dire que, si un Photius venait à bout de se mettre à la place de Mgr. Taschereau sur le siège archiépiscopal de Québec, nous serions tenus de l’accepter et de l'écouter.
Au neuvième siècle, l'Eglise d'Orient fut témoin de grands scandales dont s'étaient rendus coupables les Délégués Apostoliques que le Pape Saint Nicolas le Grand avait envoyés à Constantinople pour prendre des informations sur ce qui se passait entre ie fourbe Photius et Suint Ignace. Corrompus par cet ambitieux, les légats du St. Siège prononcèrent contre Saint Ignace la sentence de déposition et mirent à sa place Photius dont la conduite était un monde de scandales et à qui on venait de conférer les ordres sacrés dans l’espace de six jours. Comme Dieu ne permet pas que le St. Siège soit toujours trompé, le Pape fut éclairé enfin sur la prévarication de ses Délégués, qui furent excommurniés. Quant à Photius, le Chef Visible de l'Eglise, vengeur de l’opprimé et gardien du droit, porta contre lui la sentence suivante: ‘ Photius, du vivant de notre vénérable frère “ Ignace, patriarche de Constantinople, a osé occuper son “siège, et est entré dans le bercail comme un voleur ; il a, “contre tout droit et toute justice, fait t 1athématiser et “ déposer Ignace dans un conciliabule ; il a violé le droit des “gens pour corrompre les légats du Saint-Siège, et les a ‘obligés non seulement d’enfreindre mais de combattre ses “ordres ; il continue de persécuter l'Eglise, et ne cesse “d'exercer des traitements barbares contre notre frère “Ignace. C’est pourquoi, par l'autorité du Dieu tout- ‘ puissant, des Saints Apôtres Pierre et Paul, Photius est et ‘“ demeure privé de tout honneur sacerdotal. Quant à notre “frère Ignace, chassé de son siège par la violence de “ l'empereur et la prévarication de nos légats, nous déclarons,
“au nom de Jésus-Christ, qu'il n'a jamais encouru la déposi- “tion ni l’anathème, et nous le maintenons dans sa dignité ‘et ses fonctions épiscopales.”
Eh bien! avant que le Pape fut éclairé, n'est-il pas raisonnable de se demander quelle était l'attitude des fidèles en présence de ces actes de l'autorité religieuse représentée dans différents membres de la hiérarchie ecclésiastique ?
Les chrétiens de Constantinople qui étaient témoins des vertus de St. Ignace, qui voyaient les jours de ce St, Patriarche en butte à tant de persécutions et de souffrances, qui avaient sous leurs yeux la méchanceté d’un grand nombre d'évêèques de l'Eglise d'Orient et la prévarication des Délégués du St. Père, étaient-ils tenus d’obéir aux ordres de Photius et de tous les pasteurs qui le supportaient? Pouvaient-ils fermer les yeux sur les vices de cet intrigant qui s'était fait donner les ordres sucrés en six jours contrairement aux canons, et sur les crimes des pasteurs de l'Eglise d'Orient et des réprésentants du Saint-“iège, qui ont participé aux actes iniques de Photius ?
Pouvaient-ils voir en St. Ignace un homme méchant, lorsque ce Saint Confesseur les éblouissait par l'éclat de ses vertus et de sa sainteté ?
Pourtant ils obéissaient. Les uns approuvaient l’orgueil et l’ambition de Photius et la corruption de tous ses partisans ; ils se soumettaient à toutes ses volontés, ils"acceptaient les décisions d’un conciliabule odieux qui commit l’iniquité de déposer St. Ignace; ils obéissaient, mais c'était plutôt aux hommes qu’à Dieu. Les autres s'attachèrent à l’enseignement de la vraie doctrine de PEglise et pratiquèrent les vertus indiquées par cet enseignement. Ils étaient soumis à l'Eglise, ne voulaient pas enfreindre les règles de sa morale, et obéissaient à Dieu plutôt qu'aux hommes.
Les Papes peuvent donc être induits en erreur sur des questions de faits, ou bien ceux dont ils prennent conseil peuvent être trompés où mème se laisser corrompre. Si les représentants de l'autorité religieuse ne sont pas à l'abri des faiblesses et des chûtes de la nature humaine, il ne faut pas perdre de vue que le dogme et la morale demeurent toujours immuables en vertu de l’infaillibilité du Vicaire de Jésus- Christ sur la terre, et que les catholiques doivent toujours
donner leur assentiment à la véritable doctrine de l'Eglise. Si nous sommes convaincus par l'évidence des faits que certains pasteurs s'égarent, il faut plus que jamais demeurer fermes sur le terrain de la véritable orthodoxie, Car il vaut mieux obéir à Dieu et à son Eglise en suivant sa sainte doctrine, qu'aux hommes aveuglés par les passions et les préjugés.
1! y a en Canada un Photius qui met le trouble dans l'Eglise. Ce Photius prend actuellement le nom de libéralisme. Il vient de se faire approuver à Rome, en se donnant pour tout autre que ce qu'il est. 11 nous demande maintenant l'obéissance; Sans doute nous obéissons! En vertu de notre obéissance, nous repoussons le libéralisme, nous croyons que la presse libérale a semé parmi nous les principes des idées modernes, nous affirmons que Mgr. Bourget, Mgr. Lafièche et autres ont eu raison de soutenir les droits du clergé devant les prétentions audacieuses de Îa révolution ; nous restons convaincus que l’Université Laval professe une doctrine dangereuse relativement aux rapports entre l'Eglise et l'Etat, et que cette institution est à Montréul comme une chaine qui tient les sciences naturelles dans l'esclavage.
Voilà notre conviction! Voilà notre obéissance, Ah oui, obéissons! Attachons-nous à notre clergé ! Ses lumières, sa sagesse, sa prudence si admirable, sa modération si digne de respect, sa patience si constante, vont empêcher le pauvre peuple de tomber dans tous les écarts qui compromettent grandement Nos Seigneurs les évêques Taschereau et Fabre. Ce que ces deux dignitaires de l'Eglise canadienne viennent de faire par rapport à nos difficultés relatives à la question du libéralisme et à la question universitaire ne mérite pas notre adhésion, si l'évidence des faits nous met dans la conviction qu'ils se trompent et ont trompé la Propagande. Ceux qui pensent que les évèques partisans du libéralisme et de | Université Laval sont dans la vérité, qu'ils les suivent, Pour nous, nous avons la conviction que l'autorité divine de l'Eglise est dans ce qui nous à été enseigné par Mgr. Bourget, Mgr. Laflèche et autres, sur le libéralisme, sur l'Université Laval et sur la nécessité d’avoir une Université catholique indépendante à Montréal.
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Voilà la conviction que doivent avoir, en ces jours de misères, tous les catholiques demeurant dans la Province de Québec. C’est dans cette conviction que se trouve le salut de notre patrie menacée plus que jamais de la révolution, Si, par malheur, nous venions tous à croire que Mgr. Bourget et Myr. Lafléche ont eu tort, la révolution n'ira pas loin sans précipiter notre pays dans la plus affreuse dissolution.
Il est donc du devoir de tout bon catholique et de tout bon citoyen de mettre en pratique ces paroles de Saint Athanase . “Celui qui a reçu de Dieu la force de discerner la vérité ne «doit pas s'attacher à des pasteurs ignorants qui défigurent “ ]a doctrine.”
Nous avons la foi. Mais notre foi, sous l'influence de la grâce divine, prend ses racines duns notre intelligence et notre volonté. C’est pourquoi en ces jours de confusion, nous nous tiendrons fermes sur le terrain de l’orthodoxie en faisant un légitime usage de notre raison. Nous allons établir qu'en conscience nous ne pouvons pas abandonner l'école de Mgr. Bourget et de Mgr. Laflèche, laquelle est pour nous la véritable interprète des oracles de l'Eglise, notre mère. Par là, nous contribuerons à éloigner les maux actuels qui mettent la religion en danger et accablent d’amertune notre belle patrie.
Le Cardinal Préfet de la Propagande, le 13 Septembre 1881, dit aux adeptes des idées franchement catholiques, en cette Province, que ‘ceux là font mal qui, sans autre fonde- “ ment, déclarent être condamné par l'Eglise un des partis ‘“politiques du Canada, à savoir le parti appelé réformiste, “parti ci-devant chaudement appuyé même par quelques ‘évèques.”
Le 13 Septembre 1881, le Cardinal Siméoni approuve l'établissement de la succursale de l'Université Laval à Montréal, et recommande aux catholiques de ce pays de se conformer au Décret de 1876.
De plus, dans le même document du 13 Septembre, il nous est prescrit relativement à la loi de l’influence indue, de ne rien faire désormais sans consulter le Saint-Siège,
Le Cardinal Siméoni, le 31 Décembre 1881, écrit à l’Archevêque de Québec pour l’informer que c’est la volonté expresse de Sa Sainteté que l’on observe rigoureusement ces décrets sur lesquels je viens d'attirer l'attention.
Le 27 Janvier 1882, le Métropolitain québecquois publie un mandement remarquable pour obliger les catholiques de cette Province à se soumettre à ces décrets considérés par Sa Grâce comme émanés de l'Autorité Suprème de l'Eglise,
Le 27 Janvier 1882, Sa Grandeur Myr. Fabre écrit à M. Fred. Houde, rédacteur du Monde, une lettre lui ordonnant de désavouer un article que ce journaliste éminent et si franchement catholique vient de publier dans son journal sur tous ces ordres du Préfet de la Propagande.
Quelques jours après, le même évêque lance à son clergé une lettre circulaire lui imposant la soumission sus peine d'être puni sévèrement.
Lecteurs, je vous entends me dire: pourquoi alors ne pas obéir, et comment pouvez-vous nous affirmer qu’en ces actes de l'autorité religieuse Mgr. l’Archevêque de Québec et Mgr. de Montréal sont causes d’un outrage à la conscience catholique et d’une violation des droits de la raison humaine s'exerçant dans les limites de sa sphère ?
Je réponds à cette question, lecteurs.
L'humanité récèle dans ses profondeurs une grande voix qui, au moins formellement, fait toujours entendre le langage de la vérité, de la justice, de l’ordre. Quelle est cette voix qui nous éloigne du mal et nous attire au bien? C’est la conscience. Voici comment Gratry nous la définit : ‘C’est “ la voix de Dieu; c’est Dieu pré-ent partout, Dieu dans le. “ quel nous sommes, dans lequel nous vivons. C'est Dieu ‘qui nous attire à lui, qui nous montre, pour nous éveiller “les biens partiels, image de sa bonté, qui nous en détache ‘en même temps, pour nous mener à la réalité, et qui, nous ‘ faisant sentir l'être meilleur que nous, nous donne le choix “entre l'égoisme et l'amour, et nous pose ainsi, à chaque “ heure, la question de Ja vie morale et son épreuve.”
Mais la concupiscence, principe de misères, de désordres, de mort, détourne quelquefois le vrai sens de ce que nous fait entendre cette voix divine, ou nous empêche de prendre dans son vrai sens ce conseil de Dieu en nous-même.
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Plus les hom mes s'éloignent des traditions prémitives et des rélévations divines, plus ils sont exposés, en pratique, tout en faisant acte de soumission à la voix de la consciences à faire le mal pris pour le bien ou le bien pris pour le mul, et à accepter le faux pris pour le vrai, ou la vérité prise pour l'erreur.
Les paiens en sont l'exemple. Plus les hommes adhèrent aux vérités revélées, moins ils sont portés à entendre dans des sens contraires la voie de Dieu ou de la conscience. Les juifs, les chrétiens, et spécialement les chrétiens catholiques, fournissent à notre jagement une preuve de ce que j'avance. De plus, je dis que pour nous catholiques romains, qui sommes immédiatement en rapport avec les sources divines de la vérité et du bien, il est bien difficile de ne pas avoir une conscience droite en toute chose ou de ne pas entendre dans le vrai sens tout ce que dicte au fond de l'âme la conscience ou la voix de Dieu.
Mais n'ai-je pas dit que le sens catholique est rare au milieu de nous ? Cela est vrai malheureusement, C’est que l'ignorance, 14 paresse à s’'instruire, le manque d'attention à l'enseignement des pasteurs et de tous ceux qui sont chargés de donner l'éducation franchement chrétienne, les préjugés enracinés, l’aveuglement des passions, les doctrines séduisantes de l'erreur se couvrant du munteau de la vérité, faussent souvent la conscience des catholiques.
Ainsi la conscience, c’est la voix de Dieu qui nous parle, et cette voix est comprise d'autant plus exactement que l'homme est plus en rapport avec lu vérité catholique.
Le meilleur ami donc que nous puissions avoir sur la terre est une conscience formée à l’école du Christ, l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine.
Cette conscience est nous-mêmes revêtus du Christ dans le Baptème, vivants dans le Christ par sa grâce, attirés par le Christ nous parlant par la bouche des pasteurs et nous éclairant par leurs enseignements et leurs exemples.
Je conclus de là qu'il importe à tout catholique de s’opposer à ce qui peut nuire à la liberté de son esprit dans la foi, et d'écurter de lui tout ce qui convertirait en abus sa soumission à la discipline de l'Eglise.
Ce n’est pas le temps ici d'analyser toutes les influences contraires à cette liberté et à cette soumission chez les catholiques.
Dans les temps modernes, il y a un mal qui résume toutes ces mauvaises influences.
C'est le libéralisme.
Ce mal contemporain a séduit les libéraux du Canada, qui appartiennent à la religion catholique, de plus, l'Université Laval, Sa Grâce Mgr. l’Archevêque de Québec et Sa Grandeur Mgr. Fabre, qui sont venus à bout de faire accepter par le Préfet de la Propagande les informations les plus fausses sur les conditions d'existence du libéralisme, en Canada, et sur le prétendu droit de l’Université Laval d'établir une succursale, On presse le Cardinal Siméoni de communiquer au Pape ses impressions sur le mal qui nous dévore. Ce Cardinal, informé contrairement à la vérité, croit que nous avons le mal imaginaire. Il le dit au Souverain Pontif. Se basant sur cette croyance, il adresse au Métropolitain de cette Province des décrets qui nous défendent de lutter contre le mal révolutionnaire dont les progrès nous alarment de plus en plus, et contre l'extension illégale de l’Université Laval, dont la succursale à Montréal abat le vol de l'esprit. La soumission imposée aux Catholiques a-t-elle ici sa raison d’être ?
S'il s'agissait d'une question de foi, il faudrait obéir malgré que l'évidence du contraire à nos yeux nous porterait à penser que le vrai se trouve de notre côté.
S'il s'agissait du libéralisme discuté comme doctrine, il serait encore nécessaire d'accepter les décisions romaines, bien que ces décisions offusqueraient notre manière de voir.
Mais le libéralisme canadien vient d'être discuté à Rome comme question de fait.
Les décisions romaines, par rapport au libéralisme canadien et à l'Université Laval, ont trait à des faits seulement.
Ces décisions reposent sur ce qu’il y a de plus contraire à la vérité. Cela est d’une évidence qui perce, par son éclat, les yeux de tous ceux qui, en ce pays, veulent regarder comme il faut.
Sommes-nous tenus d’obéir, maintenant ?
L'histoire nous dit qu'à la fin du quatorzième et au com. mencement du quinzième, il y eût un grand schisme en Occident. Il y avait des Papes à Avignon, et Rome avait les siens, Ces Papes se lançaient mutuellement des anathêmes. Durant ce schisme, les chrétiens étaient divisés en deux obédiences : les uns obéissaient aux Papes d'Avignon, les autres aux Papes de Rome. Il est vrai que eette obéissance soit aux Papes illégitimes ou aux Papes légitimes a produit des Saints, tant d'un côté comme de l'autre. Mais cela n'empêche pas de penser et de croire que les chrétiens attachés aux Papes d'Avignon regardaient leurs frères obéissant aux Papes de Rome comme n’appartenant pas aux successeurs légitimes de l’ierre, et que les chrétiens romains faisaient de même par rapport à leurs frères d'Avignon.
Les chrétiens d'alors étaient-ils responsables de ces dissendences entre les représentants de l’autorité religieuse ? Non. Ils s'attachaient à la doctrine sainte de l'Eglise et pratiquaient les vertus qu'elle commande, Voilà pourquoi ce schisme n'affectait nullement le lien moral qui constitue l'unité chez les chrétiens catholiques.
Ces chrétiens se trouvaient en présence de deux Papes. Ils écoutaient celui que leur conscience leur disait d'écouter.
Quant à nous, ce ne sont pas les Papes de Rome ni les Papes d'Avignon qui nous demandent l'obéissance. C'est, d’un côté, le libéralisme qui est parvenu à tromper le Préfet de la Propagande au point de le forcer à nous ordonner de regarder comme une illusion les atteintes portées par ce mal moderne à la vie politique, à la vie sociale, à la vie religieuse du peuple canadien. C’est, d'un autre côté, la sainte doctrine de l'Eglise et les droits inviolables de la raison humaine dans ses frontières.
Notre condition est pire que celle dans laquelle étaient les chrétiens du grand schisme d'Occident. Ils avaient à choisir entre des Papes qui d’ailleurs étaient aussi bons les uns que les autres.
Mais les bons catholiques de ce pays sont convaincus que Rome a été trompée par les représentants du libéralisme canadien qui ont plaidé devant la Propagande, et ils savent à quoi s’en tenir.
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Ils comprennent qu'ils n'ont pas à choisir, malgré les foudres du libéralisme triomphant en Canada, Ils obéissent, c'est-à-dire qu'ils adhèrent plus que jamais à la doctrine de Mgr. Bourget et de Mgr. Laflèche, laquelle est la véritable doctrine de l'Eglise.
Ce n'est pas de notre faute si l'autorité religieuse se divise. Qu'on laisse au moins aux bons catholiques de cette Province leur qualité d'êtres intelligents. Car sans "ette qualité, la foi à ce que croit et enseigne l'Eglise ot la soumission à la discipline de cette bonne mère, seraient abso/ament impossibles,
Je ne désobéis pas en écrivant et en publiant cet ouvrage. Mes lecteurs ne désobéissent pas en le lisant,
Au dix-septième siècle, lorsque Galilée lançait l'astronomie dans des voies nouvelles, on l’a accusé d’être en contradiction avec le récit biblique. On l'a excommunié ; on a ordonné aux fidèles de ne pas avoir de communication avec lui; on le plongea dans de sombres cachots, et il fut contraint d’abjurer à genoux ses doctrines. Tout cela était le fait de théologiens, prêtres, évêques et même cardinaux,
Pourtant Galilée avait raison. Sa vaste intelligence avait enrichi la science des plus belles conquêtes. Mais l'autorité infaillible, sachant toujours respecter lu frontière du domaine propre de la raison humaine, n’a jamais repoussé les données scientifiques de Galilée. Néanmoins les représentants de l'autorité religieuso, qui croyaient voir une contradiction entre la science de Galilée et les Saintes-Ecritures, ont publié des lettres et mandements pour obliger les chrétiens d’alors à repousser les doctrines de ce grand savant. Ceux qui comprenaient que le père de l'astronomie moderne était dans le vrai. exerçait sa raison dans un ordre de choses appartenant exclusivement au domaine de l'intelligence, se trouvait bien loin de choquer quoi que ce soit dans la Bible, ceux-là, dis-je, étaient-ils tenus de ne pas regarder comme injustes et comme criminelles tous les épreuves dont on accablait cet illustre astronome ? (
Ils obéissaient ; ils donnaient leur adhésion à cet enseignement de l'Eglise qui dit de respecter les frontières du domaine de l'intelligence. Ils ne pouvaient s'empêcher de voir en les persécuteurs de Galilée des violateurs des droits de la conacience et do la pensée.
Eh bien! nous faisons de même par rapport aux représentants de l'autorité religieuse qui veulent quand même le triomphe du libéralisme canadien.
Ce libéralisme est comme un voleur qui nous enlève tout ce que nous avons de plus précieux. Il va à Rome et aflirme qu'il n'est pas un voleur et qu’il est bon garçon; il a recours à l'hypocrisie et au mensonge pour établir son atlirmation. La Propagande se laisse surprendre, comme la chose est arrivée quelquefois dans tous les temps et arrive encore aujourd'hui sans que pour cela l'autorité de cette Congrégation soit diminuée, et, en vertu d’un jugement ainsi obtenu, on nous impose le silence et l'ordre de demeurer inactifs, à nous qui sommes volés!
Nous sommes sur le terrain de la saine doctrine de l'Eglise ; nous voulons que les droits de la pensée soient respectés. Personne ne peut nous forcer à abandonner ce terrain et à fouler aux pieds ces droits,
Nous avons la conviction que deux représentants de l'autorité religieuse en Canada, Mgr. l'Archevêque de Québec et Mgr. l'Evêque de Montréal, prennent tous les moyens, en vue de favoriser le libéralisme et l'Université Laval, de nous faire sortir de ce terrain et de nous contraindre à méconnaître ces droits.
Pouvons-nous faire autre chose que de nous dire les uns aux autres de serrer les rangs pour resister à ceux qui viennent nous causer du mal,
Je regrette beaucoup d'avoir éte dans la nécessité de mettre en évidence les personnes vénérables de Myr, l'Archevêque de Québec et de Mgr. l'Evêque de Montréal.
Mais il m'x fallu mentionner les noms de ceux qui sont causes du mal dont nous souffr'ons aujourd’hui.
Maintenant, lecteurs, il ne faut pas nous contenter de toutes ces considérations sur le mal dont nous sommes at-
teints,
Le libéralisme est sur le point d étendre sa domination sur notre pays ; dans quelques instants, il sera maître de nous, si nous ne redoublons de courage et d'attention.
Levons-nous donc et allons sur le sommet de la véritable doctrine de l'Église, allons sur le roc immuuble de l'infaillibilité de l'enseignement de l'Eglise, allons sur les hauteurs des droits de la raison humaine. Allons tous sur ces hauteurs et là nous serons invincibles,
Tous ensembles, cherchons la route qui nous mène sur ces places élevées et imprenables ; voyons si à la clarté do la démonstration des six propositions suivantes, nous pourrions y arriver.
Dans autant de brochures, nous nous avancerons guidés pur la démonstr:'ion do ces six propositions.
lo. Nous ne u.sobéissons pas on prenant les moyens de rester sur le terrain de l'orthodoxie catholique et de revendiquer les droits méconnus de l'intelligence,
20, Le libéralisme professé par le parti libéral canadien est le libéralisme condamné pur l'Eglise. Pour le prouver, nous déterminerons les notes, les marques, les caractères du libéralisme considéré en lui-même, ensuite nous verrons si ces notes, ces marques, ces caractères sont identiques avec les principes et les actes du purti libéral cauadien,
30, Le libéralisme canadien n'est pas maitre de la politique comme le libéralisme européen.
40, M. L. O. David, rédacteur de la Tribune, ne peut pas avec droit nous accuser de libéralisme, comme Ini et le parti libéral canadien l'ont été.