SCENE IV
JENNY, GAUVELIN.
Quand tout cela sera-t-il fini?
Bientôt. Laisse-toi conduire ! Notre maison d'autrefois relevée, l'ancienne famille reconstituée, voilà le refuge qui t'attend... Le foyer de ton enfance n'est pas tout à fait mort !• Recommençons la bonne existence d'autrefois... Qu^nd ton mari ne sera plus ton mari, nous n'aurons plus qu'à nous laisser vivre doucement. Germaine épousera Jean Richard. Nous habiterons tous ensemble. Leurs enfants naîtront et grandiront sous nos
yeux... Uien que de penser à cela, moi qui ne suis guère sensible, je pleure de joie!...
JEXNY, sanglotant.
Moi aussi !.,.
Soa père la reçoit dans ses bras.
CAUVELIN.
Jenny, te resterait-il une faiblesse pour l'homme qui t'a trahie?
JENNY
Oh ! non ! Sois tranquille ! Toubes mes illusions sont mortes ! Je ne pardonntM-ai januiis l'outrage que j'ai subi, et je pardonnerai moins c-ncore au père l'ouldi des devoirs paternels. Car enfin, qu'il ait commis des actions capables de compromettre l'avenir de Germaine, pour qui il semblait avoir un amour sans pareil, voilà qui me dépasse!
CAUVELIN.
Depuis longtemps ji; te le dis : cet homme
n'a rien de vrai, rien de sûr. Il n'y a que du mensonge dans k s gens de cette espèce !
JENNY
Tu l'avais mieux jugé que moi. Je le croyais bon, honnête, loyal... Je le croyais surtout Lon pèrel... Du moment que je me suis trompée, il n'y a plus rien de commun entre nous : je ne suis plus sa femme I
GAUVELIN.
Bien.
JENNY
Quand je pense que j'ai été sur le point de faiblir! Hier, d'avoir vu Georges malheureux, j'en avais presque oublié ma colère ! Mais je ne savais pas encore tout. Je ne savais pas avec quelle infamie on avait payé mon amour I J'ignorais à quelle femme j'avais été sacrifiée I
LA CONSCIENCE DELENFANT 18o
CAUViiLlN. intrigué.
Et cette femme? Tu la connais?
Jenny fait le mouvement de donner les lettres, puis elle se ravise et veut sortir.
CAUVELIN; l'arrêtant.
Jenny, il faut que je sache.
JENNY, après un temps.
Lis ces lettres... Tu vas comprendre...
Elle sort.