C; AU VELIN
J'ai pris souci de la dignité de mon fils, comme de la mienne propre!
Tu es bien bon ! Mais qu'est-ce que tu veux que j'en fasse, de ma dignité, maintenant que ma vie est finie?
GAUVELIN.
Non. non. ta vie n'est pas finie!...
EMMANUEL, bondissant.
Elle recommence, peut-être? 0ht je les devine, tes intentions... Tu veux me remarier, parbleu! Tu veux avoir un nouveau
ménage à démolir ! Je te remercie bien ! C'est autrefois qu'il fallait me donner un bon conseil ! Car c'est ta faute, tout ce qui m'arrive !
(ri se détourne devant le regard de son père.) Oui,
c'est ta faute ! A vingt-cinq ans. tu n'avais encore réussi à faire de moi qu'un petit garçon! A force d'être critiqué, surveillé, conduit par la main, je n'osais plus faire un geste, ni avoir une idée à moi! Ma volonté, c'était la tienne! Aussi, quand tu m'as dit : Epouse, ai-je épousé sans hésiter, tellement j'avais confiance en toi ! Et voilà maintenant, après m'avoir laissé faire une bêtise pareille, voilà que tu me dis que ma vie n'est pas finie, qu'elle va recommencer? Voilà que tu veux encore me rem...:' Eh! bien, non, tu sais, j'en ai assez! Oh! oui, j'en ai assez!
GAUVELIN-
Je n'ai jamais voulu, et je ne veux encore que ton bonheur.
Mon bonheur... Mon bonheur... Ecoute^, papa, je t'en supplie, ne te mêle plus de mon bonheur I
Il sort, exaspéré. *
GAUVELIN, le suivant des yeux avec une grande tristesse.
Pauvre enfant ! (se redressant, avec énergie.)
Allons f la souffrance n'est rien, pourvu que l'honneur soit sauf I