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CONCLUSION 2S

des autres. Osez dire que vous ne sentez pas la nausée vous monter au cœur, quand vous voyez la France de 89 parodier la démocratie do Rome et de Byzance, quand vous la voyez rou-* 1er, ivre et ne sachant plus ce qu'elle fait, des Jésuitières internationales aux boudoirs inter^ lopes. Et cependant elle est la France, la grande nation, — et l'Europe n'a pas le droit de rire de ce mot, car hier encore, en Crimée, en Lombardie, la France prodiguait son or et son sang pour la bonne cause, et le premier qui rirait, fût-il le czar de toutes les Russies ou le César de toutes les Allemagnes, serait souffleté d'un revers de sa main et ne s'en relèverait pas. — Mais que voulez-vous? Elle est affolée, — affolée de ploutocratie, de bancocratieetdepornocralie, La bourse, la banque, les filles se sont vautrées sur la patrie, et l'ont tachée, énervée, épuisée jusqulà la moelle

Le mal vient de ceci : — c'est qu'en France^ et chez tous les peuples qui ont continué, depuis la Réforme, à subir l'éducation catholique, l'in-* dividu a perdu la notion de la conscience et la notion de la liberté. C'est celte double notion que je suis venu rappeler h chacun. L'Église est

une fiction. L'État est une fiction. L'homme seul, l'individu, la personne, vous ou moi, est responsable ; l'État, l'Église, n'ont pas de personnalité, et par conséquent, n'ont pas de responsabilité, et par conséquent, n'ont pas de vie, n'ont pas de réalité, n'existent point.

Qu'est-ce que l'individu aujourd'hui?

Rien.

Que doit-il être ?

Tout.

Mais d'où vient le droit de l'Individu?

De son devoir.

Et quelle est l'origine du devoir?

La Justice.

Et la Justice est identique avec Dieu, avec le Dieu vivant, avec le Dieu personnel, avec le Dieu législateur, rémunérateur et vengeur.

Ayons donc conscience de nous-mêmes, soyons libres, — libres des hommes, serfs de Dieu, — et nous remonterons !

Nous sommes descendus, parce que nous nous sommes faits fatalistes, parce que nous avons cru aux enseignements catholiques qui nous

CONCLDSION 289

parlaient de la grâce, ou aux enseignements matérialistes qui nous parlaient des instincts iirésistibles. Repoussons le fatalisme, celui de la grâce comme celui de la nature ! Assez ployé les genoux ! Relevons nous enfin. Disons aux papistes et aux théocrates, comme aux athées, et aux pseudo-socialistes, que le temps du mysticisme idéaliste ou sensualiste est passé , que nous nous sentons libres, et que par conséquent nous sommes libres !

Notre atmosphère est empoisonnée de sophismes. Appelons donc l'orage qui doit purifier l'air, et, si l'orage ne vient pas, soyons nous mêmes la tempête qui balayera les mensonges aux quatre vents ! On s'est assez moqué de nous, depuis vingt ans, avec les progrès fardés et les amours plâtrées. Il n'est pas de progrès sans liberté, pas d'amour sans pureté, et les boulevards où fleurissent les casernes, les squares où se promènent les dames aux camélias, à la tombée de la nuit, les banques où l'on fait sauter la banque, ne peuvent être pris pour la terre promise que par les adorateurs du sabre les grecs du grand monde et du demi-monde, les souteneurs de filles et les gâcheurs de littérature véreuse et vermoulue!

Nous sommes à la veille d'une crise, la plus formidable qui ait ébranlé l'humanité depuis la chute de la Rome païenne et l'invasion des Barbares, (iette crise apportera-t-elle, à nos sociétés malades, la vie ou la mort? Cela dépend de nous, c'est-à-dire de chacun de nous. Il faut, le jour où la bataille définitive s'engagera, que quiconque s'honore du titre de soldat de la liberté, ait accompli en lui-même sa révolution intérieure.

La société sera libre, dès que l'individu possédera la liberté morale.

Soyons des hommes et nous serons des Citoyens !

La vertu, a dit Montesquieu, est le principe du Gouvernement Républicain.

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