‹ La conscience morbideChapitre 2 sur 63 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La clinique mentale a établi une distinction définitive entre les démences, congénitales ou acquises, aiguës ou chroniques, et les troubles mentaux de tout ordre qui ne relèvent pas d'un affaiblissement intellectuel, les psychoses proprement dites. Il y a intérêt pour la psychopathologie à adopter cette distinction et à la prendre pour point de départ. Nous avons en conséquence éhminé de notre recherche tous les états démentiels.

La classification des psychoses, la détermination des espèces morbides ont donné et donnent lieu à de nombreuses discussions. Nous ne songeons pas à intervenir dans le débat. Nous n'avons à en retenir qu'un seul point. Dans ses efforts nosographiques, à peine la clinique mentale est-elle parvenue à constituer un système défini d'entités morbides que les nécessités de l'observation l'obligent à admettre des formes de transition qui rétablissent entre elles la continuité. La manie et la mélancolie une fois individuahsées, Texistence des folies circulaires et intermittentes a entraîné à tort ou à raison la conception de la psychose maniaque-dépressive, où manie et mélancohe sont venues se fondre et se grouper sous une étiquette commune ; les délires systématisés ù évolution non démentielle une fois arrivés à l'autonomie, la question s'est posée de savoir si quelques-uns d'entre eux n'étaient pas secondaires à des accès maniaques ou mélancoliques et, plus récemment, si même la paranoïa tout entière ne devait

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