‹ La conscience morbideChapitre 3 sur 63 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

pas être rattachée à la psychose maniaque-dépressive. De ces synthèses, succédant à des analyses dont elles infirment au moins partiellement les résultats, les obsessions, la mélancolie d'involution fourniraient d'autres exemples encore. Il n'est pas jusqu'à la vaste conception que M. Janet a présentée de la psychasthénie, qui ne soit caractéristique à cet égard, puisque son domaine s'étend des obsessions aux délires, en passant par toutes les formes de l'excitation et de la dépression psychiques.

Ces difficultés et ces singularités de la nosographie mentale seraient inexplicables, si toutes les psychoses ou, du moins, nombre d'entre elles ne présentaient des caractères communs, dont le groupement formerait ce que la conscience morbide a de plus essentiel. La détermination de ces caractères communs constitue donc pour la psychopathologie un objet naturel de recherche.

D'autre parties études psychologiques ont pris une orientation assez nouvelle pour qu'il ne soit pas sans intérêt d'examiner les modifications que leurs résultats récents sont de nature à apporter dans notre conception des troubles morbides.

La théorie de la conscience morbide que nous proposons ne prétend pas à s'appliquer sans vérification à d'autres types morbides que ceux dont nous présentons des exemples. Nos observations ont beau répondre à un groupe imposant d'entités morbides, il n'est pas évident a priori que la conscience morbide, dans l'ensemble des psychoses, ne se présente que sous une forme. Notre théorie ouvre donc la voie à des recherches nouvelles, dont nous ne pouvons prévoir si elles la confirmeront et permettront de l'étendre. Mais elle nous a paru être parvenue à un point où il y avait profit à la livrer à la discussion et à la critique.

Page 1