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^- l^es FormesÉlémentairesdelaVieRelifjieuse, p. 2[-22. (PdLvis, F. McAn.)
conscience morbide n'est évidemment pas une conscience normale contemporaine; et elle ne répond, non plus, contrairement à ce qu'a pensé Lombroso, à aucune conscience normale antérieure. D'une part, en effet, tout système de représentations collectives, à quelque passé reculé que nous nous adressions, a eu ses réfractaires ; d'autre part, nous avons vu la conscience morbide impuissante à réaliser cette rigidité conceptuelle et cette stabilité pratique, sans lesquelles il n'est pas de mentalité collective. Tandis, donc, que la conscience normale est éminemment et profondément socialisée, la conscience morbide, pour autant qu'elle le soit, se trouve l'être au minimum. Par conséquent la différence de la seconde à la première doit tenir à ce qui permet à l'une de se socialiser et l'interdit au contraire à l'autre.
Or c'est par ses réactions motrices, affectives et verbales que la conscience normale nous apparaît normale, tout comme ce sont ses réactions verbales, affectives et motrices qui nous ont fait reconnaître les caractères sui generis de la conscience morbide. En étudiant donc ce que sont pour la conscience normale ses réactions motrices, affectives et discursives et à quelles conditions elle doit satisfaire pour être en mesure de les utiliser, peut-être parviendrons-nous à déterminer la nature de la différence dont nous venons de présumer l'effet. Bien entendu, en ce qui concerne le langage, nous en traiterons ici en psychologue et non en linguiste et nous nous préoccuperons essentiellement de ce qu'il devient, les langues une fois constituées et fixées, pour les consciences qui l'utilisent.