‹ La conscience morbideChapitre 57 sur 63 · Cf. II, p · texte numérisé non relu

Cf. II, p

sensiblement des limites de la normale, comme c'est en plus d'une rencontre le cas de nos malades S aussitôt l'attention se réveille, reprend conscience de leur sens concret et se demande comment il faut les comprendre, hésitation d'autant plus naturelle qu'elle est partagée par les malades eux-mêmes et que, perdus qu'ils sont au milieu d'expressions, qui, ni dans un sens, ni dans l'autre, ne sont plus adéquates aux singularités de leurs états psychiques, ballottés, pour ainsi dire, par elles entre le subjectif et l'objectif, dont la distinction n'a plus pour eux la souveraine clarté quelle offre pour nous, ils ne savent véritablement où se fixer et où se prendre.

Or c'est ici le point essentiel où se croisent, pourrait-on dire, les voies qui conduisent les malades du type des nôtres au langage hallucinatoire et peut-être même à des états dont le diagnostic avec les hallucinations proprement dites est cliniquement difficile, sinon impossible. La conscience morbide, telle que nous l'avons définie, n'a pas besoin de se méprendre sur la nature de ses états de consctence pour en tirer, dans son déploiement discursif, des conséquences qu'ils ne comportent pas normalement.

Pour notre expérience, tout état de conscience exprimé en termes de perceptions suppose une impression sensorielle relevant d'un excitant extérieur ou conçu comme tel. Mais ceci n'est vrai que des états de conscience susceptibles de se plier aux conditions suivant lesquelles les nécessités de l'activité pratique et les exigences parallèles delà collectivité ont réglé notre expérience. Pour des états de conscience, en revanche, réfractaires de leur nature à la rigidité de nos cadres conceptuels, pris en masse dans une mouvante continuité où sélections et groupements s'opèrent malaisément, notre fondamentale distinction de l'objectif et du subjectif perd beaucoup, sinon tout, de sa valeur prépondérante.

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