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que pouvait se ramener chez nos malades l’ensemble de leurs troubles morbidest.
Mais cette angoisse et ce mystère nous avaient paru en même temps incomparables aux nôtres et nous avions signalé là le principal défaut des théories qui, supposant aux troubles morbides une base affective, ne se sont pas suffisamment inquiétées de la nature d’une affectivité capabie de telles conséquences. Or, notre hypothèse nous amène à considérer cette angoisse et ce mystère, sans doute, comme des états affectifs, mais comme des états affectifs d’une espèce toute nouvelle, puisqu'ils demeurent radicalement individuels, tandis que notre vie affective normale n’a pas échappé, plus que notre vie intellectuelle et pralique, aux impérieuses influences de la collectivité ; elle est, par suite, de nature à nous expliquer que, si nous pouvons être conduits à interpréter des états de conscience morbides à l’aide de notre expérience affec-
tive, ce n’est pas, au fond, parce que nos catégories affec-
üives y trouvent normalement leur emploi, mais parce que ce sont encore elles qui jurent le moins avec eux.
D'autre part il est bien naturel que l’irréductibilité des masses cénesthésiques, dès l’instant qu’elle s’est une fois produite, s’étende à tous les moments de la conscience, auxquels elles sont normalement sous-jacentes. Quand elles ont fait irruption sur un point à la conscience claire, on ne voit pas ce qui pourrait les endiguer ailleurs. L’angoisse et le mystère ineffables enveloppent donc tous les états de la conscience morbide et tous les éléments psychiques normalement différenciés rentrent en continuité sous l'action de cette poussée d’affectivité pure. Or l'expérience vient encore ici confirmer la théorie : que prouvent, en effet, la phase d'inquiétude générale décrite au début des délires systématisés et cette modification globale du régime des représentations qui s’objective chez plusieurs de nos malades en