acte, la volition, est inabordable si elle n’y consent
On ne peut faire vouloir un homme malgré lui, En le « contraignant par le dehors, on peut lui imposer un «
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mouvement extérieur, en conduisant ses membres, en les remuant comme un instrument; mais il est impos- sible de le forcer à vouloir, et là encore le stoïcien triomphe. Épictète esclave disait à son maître : « Je suis : plus libre que toi, tu ne peux pas forcer ma volonté ; tu peux me mettre dans les fers, me jeter dans les cachots, . me donner la mort , mais, dure Loi , Je veux ce que je veux, je reste le maître de ma volonté. » De là la force, et ce qu’on peut appeler l’impénétrabilité de la volonté, Son for intérieur est imexpugnable , toutesles fois qu’elle veut s’y réfugier et s’y enfermer. Il y a plus, Dieu même ne peut pas faire vouloir un homme violemment, parce que Dieu; souverainement sage, est conséquent avec luimême , et que, nous ayant faits à son image, c’est-àdire libres, il ne peut pas par un acte d'autorité détruire ce qu'il a fait, anéantir la liberté qu’il nous à donnée ou reprendre ses dons. Quand il veut changer une volonté humaine, il ne la violente jamais; mais il la fait vouloir ce qu'il veut, soit en imprimant aux âmes qu'il choisit pour instrument de ses desscins un mouvement secret, et alors elles sont comme entrainées par un instinct divin, soit en donnant à l’homme d’autres dispositions, en changeant les circonstances où il est placé, et tout le monde connaît l’influence des ‘circonstances. Les volontés qui se croyaient inflexibles, ‘inébranlables dans le parti eù elles étaient arrêtées, dans la position qu'elles ont prise, dès que les événements se renouvellent, que la scène change, que le monde prend un autre aspect, sont tout élonnées de ne plus se retrouver les mêmes et de se sentir avec des penchants différents, quelquefois contraires. Nous avons vu cela maintes fois dans ce siècle ; jusqu’à quel point ces volontés sont-elles coupables? Eh! mon Dieu elles sont
cbipabes de faiblesse et peut-être de pr oe n sont coupables d’avoir dit qu’elles ne changeraier mais. À qui peut-on faire un crime de changer en. = monde où tout est changeant? L'homme s’agite am : ses instincts, ses besoins, ses passions, et Dieu de mêne; heureux encore quand il s’agite avec quelque dignité en si, au milieu des ecei als et des instabilités de cette terre, il aspire à quelque chose qui ne change pas! 4
La volonté produit deux espèces d'abtes à s d'abord” Dicte immédiat, ou la volition, qui échappe à la vio= lence. Vemo potest velle TAPNE dit saint Anselme, e#. velle nolens velle, personne ne peut vouloir malgré Lx et. vouloir en ne soubuté pas vouloir. Il y a contradiction dans les termes et par conséquent absurdité. Saint Tho-. mas dit aussi : Zst contra notionem actus voluntarti ut situ coactus, Il est contraire à la notion, à l’idée de l'acte | volontaire qu’il soit forcé. 4
Puis elle produit encore des actes médiais, ou com. mandés, qu’elle accomplit par le ministère des facu tés de l'esprit ou des membres du corps. Ainsi je dis : 4 Je veux travailler : je veux, voilà l’acte immédiat. Main= 1 tenant qu'est-ce que je ee Je veux travailler, et alors , la volonté agit sur l'esprit et le met en mouvements* elle dirige l'attention cu le regard sur un livre, sur une pensée, sur un objet; elle met en exercice l’ima=s gination, la mémoire, le jugement, le raisonnement toutes les puissances intellectuelles, qui sont comme des | ministres à ses ordres.
Ou bien vous dites : Je veux aller à tel endroit Quand la volition a déterminé ce qu’il y a à faire, auss tôt les membres entrent en mouvemeut et obéront l’action qu'elle a décidée, la locomotion qu’elle voulait opé-. | rer, Si lon ne peut pas violenter la volonté dans son for
bre 4 Qui servent d eut Ia be Fe s'exerce alors sur des actes externes; mais, dans ce cas, : s pour qu'elle excuse complétement Fe mal, du crime ou du péché, il faut qu’elle soit complète , et elle oo cale plète si l'agent a fait tout ce qui est en son pouvoir pour ésister, Les premiers chrétiens étaient conduits devant les autels des idoles, et le préteur ou les officiers de . l'empereur les exhortaient à adorer, à offrir de l’encens, à sacrifier, Les chrétiens refusaient ; alors on cherchait à les y contraindre; on prenait 1 mains, On y mettait de force Person. et, en agitant leurs bras, On faisait mine ancrée. Il est clair que ces chrétiens, ainsi violentés, n’encensaient pas. La violence Rétuit entière, c'était un mouvement mécanique qu'on imprimait à Luce membres, leur volonté n’y était pour . rien. Dans des cas semblables pourvu que la volonté résiste de toutes ses forces, qu’elle n’adhère en rien et qu'elle n’y mette rien du sien, la violence est toute physique , il n’y a pas d’acte OA partant point de culpabilité.
+ Îlne suffit pas de rester passif pour que la volonté F nait pas de part à l’action; en se laissant mener comme - un instrument, on peut encore être coupable au moin s de | Ë faiblesse, ya d ns cette prétendue passiveté une espèce
. de consentement, d’acquiescement. On doit se défendre
pocven qu'on est dégagé de la responsabilité. ya une autre sorte de violence, la one mor ue
076 2 Se OOAPITRE lence morale, c’est la crainte, et alorsse présente cette question : La crainte détruit-elle la liberté, la moralité d'un acte? La crainte, c’est l'inquiétude, l’angoiss éprouvée quand on est menacé d’un danger ; et plus le w danger est grave, plus la personne menacée est faible, M plus aussi la crainte est violente. Or on ne vous menace que pour obtenir votre consentement , et si on l’arrache par la crainte, vous le donnez, bien qu'à contre-cœur et avec peine. Il y a donc ici un acte moral, car il y a concours de la raison et de la volonté; et ainsi on ne peut pas assimiler la crainte à une violence physique. w Dans cette dernière se trouve une impossibilité absolue ; « on est forcé, on est opprimé. Il n’en est pas de même dans la crainte : on raisonne, on a le temps de réfléchir au danger qui menace et à la chose demandée; on peut en examiner les circonstances, en calculer les suites. Il y a à la fois exercice de la raison qui déli-M bère, exercice de la volonté qui décide : on donne. donc jusqu’à un certain point son consentement, Dans ce cas, le point important est de savoir si le consen-m tement a été vraiment accordé. L Quand la crainte est telle qu'elle enlève l'usage de ha | raison , il est évident que l’acte moral n'existe plus. II en est de même dans le cas d’une crainte légère, lors- « qu'une personne faible, d’une imagination vive, d’une { sensibilité excessive , 6 croit sous de coup d’un danse ‘1 grave et imminent, bien qu’imaginaire. Dans tout autr cas, la crainte ne détruit pas le volontaire, et par conséquent laisse subsister la responsabilité. Les deux élé= ments de l'acte moral s’y retrouvent, la raison qui juge « et la volonté qui consent; et quand ces deux conditions, « la connaissance et Penn nt se trouvent dans un. acte, l'acte est moral et porte ses conséquences morales.
On cite dir toutes . bete le ai du marchand assailli par la tempête et dont le vaisseau chargé de | richesses menace de sombrer; on décide que, pour l'al- . léger et dans l'espérance de le sauver, il est urgent de jeter à la mer tout ce qui l’alourdit, munitions et marchandises. Placé entre la crainte d’ être englouti et celle . de perdre sa fortune, le négociant est assurément dans une grande perplexité. Mais, d'un côté comme de l’autre, la crainte, en ce morient critique , n'exclut ni l'acte de la raison, ni la décision de la volonté. Ainsi le marchand se dit : À quoi me servira ma marchandise, si je perds la vie? Il vaut mieux perdre mon bien que l'existence; j'aime mieux sacrifier mes ballots que ma personne. Il raisonne parfaitement, et il arrive à une bonne conclusion. D'un autre côté, s’il se décide à jeter Sa cargaison dans les flots, on comprend qu’il ne le fait . pas de bon cœur, et ainsi il y a là une alternative cruelle - qui restreint sa liberté, mais ne la détruit pas; car, * après tout, s'il aime mieux aller au fond de la mer, il en est le maitre.
Dans une maladie grave il arrive quelquefois, même aux plus incrédules ou à ceux qui croient l’être, que, tous les remèdes humains étant impuissants,-on invoque le secours du ciel et des moyens surnaturels; on fait un vœu dans l'espoir de la guérison. Bien des gens qui s'imaginaient ne pas croire en Dieu y croient en ce moment-là. Le matelot dans l'orage, ce matelot si fier à terre etmême sur son navire quandil fait beau, s’il craint d’être englouti par la tempête, il s’attendrit parce qu'il a peur, il prie, il implore celle qu’on appelle l'étoile de la mer et dont peut-être il se moquait tout à l’heure. Il ne s’en | moque plus au milieu des flots irrites, 1] lui fait un vœu; il promet que, si elle le sauve, il ira nu-pieds à Notre-