‹ La Conservation Parcellaire de l'OvaireChapitre 14 sur 67 · BIEN D MALE · texte numérisé non relu

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Il existe certains kystes tubo-ovariens pour lesquels la bilatéralté contre-indique toute conservation. On rencontre enfin un assez grand nombre de cas où la bilatéralité des lésions existe, mais où elle prédomine nettement d’un côté, laissant un ovaire peu touché, où l'infection est restée superficielle et où seules les adhérences suffisamment lâches ou clivables vont influer sur sa destinée. C’est là où la technique de l’ablation du foyer infectieux a une extrême importance et doit permettre de réaliser dans les meilleurs conditions anatomiques la conservation parcellaire de l’ovaire.

Restent enfin les formes légères résiduelles où là, le maximum de conservation peut être de mise et où la présence de quelques formations kystiques ovariennes obligent pour assurer une guérison anatomique et fonctionnelle meilleure à la résection même

large de ces lésions infectieuses « à minima ».

Lésions de la glande dans les tumeurs bénignes de l'ovaire

Parmi les autres lésions bilatérales des ovaires permettant une conservation partielle, nous devons citer différentes tumeurs kystiques ou solides d'évolution bénigne, où le développement de la néoplasie a laissé une portion intacte de l’ovaire.

Les kystes dermoïdes ainsi que les kystes dermomucoïdes signalés par LEBERT en 1852, POUPINEL en

1888 sont totalement distincts du parenchyme ovarien. POTHERAT, en de nombreuses présentations à la Société de Chirurgie de Paris, a montré que macroscopiquement ces tumeurs altèrent au minimum le parenchyme ovarien et physiologiquement celui-ci peut continuer ses fonctions d'ovulation. Chirurgicalement il est possible de séparer la tumeur dermoïde du tissu ovarien, celui-ci étant souvent reconnaissable au niveau du hile, pourvu que l’on veuille le rechercher dans cette zone.

Dans les kystes mucoïdes doubles des ovaires les. lésions sont en général à des stades différents; il est assez fréquent de trouver sur un ovaire des lésions kystiques plus ou moins accentuées allant de la simple dégénérescence scléro-kystique au grand kystome unique en passant par les gros ovaires k ystiques, stade de début de la tumeur. C’est le développement progressif de cette tumeur d’histogénèse très discutée, qui refoule le tissu ovarien, l'amincit, l’use jusqu’à le faire disparaître, aussi doit-on au stade de début essayer de faire de la conservation. Certains auteurs étrangers et en particulier ZACHARIAS, essayèrent même en face d’un grand kyste uniloculaire de conserver une parcelle ovarienne mais là les résultats furent médiocres, la menstruation ne réapparut que temporairement.

Le fibrome de l'ovaire, tumeur rare puisqu'il ne formerait que 2 à 3 % des tumeurs ovariennes, naît en général au centre de l'ovaire, refoulant à la périphérie, le tissu glandulaire. Là encore une opération conservatrice peut être pratiquée dans le cas de lésion

bilatérale.

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À part ces tumeurs bénignes, les autres variétés innombrables de tumeurs de l’ovaire ne sauraient être l’objet d’un traitement conservateur. Là, en effet, le moindre doute de malignité devant l’aspect macroscopique doit faire rejeter une opération partielle et le désir de conserver à la femme une possibilité de fécondation ne saurait entrer en ligne de compte

avec la crainte d’une récidive.

Lésions de l’ovaire dans les ovarites chroniques

Reste enfin le groupe des ovarites chroniques bien différent des vraies ovarites où la nature inflammatoire est signée par la réaction de même nature des organes voisins. Certains de ces ovaires malades accompagnent les tumeurs utérines, cancer, sarcome et surtout fibro-myome et peuvent peut-être expliquer pour une part certains symptômes, en particulier les hémorragies. Signalons également quelques cas de lésions ovariennes rapportées à une infection atténuée de l’appendice, comme l’ont signalé BARNSBY, Pozzi, KIRMISSON.

Mais nous avons surtout en vue ces ovaires kystiques qui constituent la seule et unique lésion; depuis longtemps HEGAR, LAWSON-TAIT, DE SINETY, MALASSEZ avaient été frappés de leur fréquence. DALCHÉ, P. PE- TIT, PILLIET, BuLLIUS donnèrent les premières descrip-

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tions précises, mais les chirurgiens se désintéressèrent de ces lésions et quelques-uns même ne semblent leur reconnaître aucun caractère pathologique. Ils peuvent en effet exister chez la femme normale et ne jamais donner aucun trouble. DE SINErY et HAUSSMANN ont décrit d’ailleurs ces ovaires kystiques chez les nouveaux-nés, ce dont déjà DEPAUL et COURTY avaient été frappés. Mais cependant on ne tarda pas à remarquer certaines relations entre divers troubles fonctionnels chez la femme et la présence de ces formations kystiques et dès lors l’ovarite scléro-kystique réunit un grand nombre de faits anatomiques disparates.

Il existe au point de vue anatomie macroscopique plusieurs grands groupes d’ovarites kystiques. Tantôt ces formations kystiques sont peu nombreuses, 3 ou 4 cavités par ovaire de volume variable pouvant aller de la taille d’un pois à la grosseur d’une mandarine. Ces kystes sont séparés par du tissu ovarien, mou, œdémateux, se déchirant facilement, tantôt au contraire le parenchyme devient dur, scléreux, blanchâtre, très dense, peu vascularisé. Le contenu de ces kystes est souvent limpide, séreux, plus ou moins coloré, mais transformé souvent par une hémorragie intra-kystique et il n’est pas rare de rencontrer des formations à contenu brun chocolat ou franchement sanglant ou encore pleines d’un liquide épais, visqueux, ressemblant à du goudron. Ces kystes hématiques peuvent d’ailleurs se rompre dans le péritoine et l’origine ovarienne de certaines hématocèles est bien connue. Mais ce qui caractérise ces formations kystiques c’est leur présence à la périphérie de

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l'ovaire, alors que la partie centrale et surtout la région avoisinante du hile en est indemne. Il s’agit soit de dilatation, de follicules de Graaf, soit de transformation kystique du corps jaune. Les kystes folliculaires sont de beaucoup les plus fréquents, les kystes du corps jaune plus rares sont reconnaissables à la couleur jaune chamois de la face interne de leur paroi. Il semble bien que dans toutes ces néoformations la sclérose du stroma ovarien puisse jouer un certain rôle, mais que la présence de ces atrésies folliculaires qui ont abouti à la dégénérescence kystique puisse difficilement être rapportée à une cause unique.

Quoiqu'il en soit, ces formations kystiques peuvent aboutir comme un véritable kyste de l’ovaire à la destruction totale du parenchyme, mais en général, elles restent isolées, ne donnant que quelques saiïllies claïires ou hématiques à la périphérie de la glande, alors que la région hilaire en est dépourvue.

Par contre, très différent est l’ovaire scléro-microkystique. Il s’agit en effet là souvent d’ovaires présentant un aspect crétacé, blanchâtre, hypertrophié ou simplement allongé transversalement. Sa surface extérieure, ridée, est parcourue de sillons profonds qui lui donnent classiquement l’aspect cérébriforme. Mais surtout cet ovaire est criblé de petites formations kystiques minuscules, grosses comme une tête d’épingle, petits kystes folliculaires le plus souvent, qui ne sont pas électivement répartis à la périphérie de la glande, mais au contraire font comme un semis de vésicules claires en plein parenchyme.

Il existe certes entre ces deux formes anatomiques,

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