IT) LÉSIONS DU STROMA
Il semble que la.lésion prédominante constatée par la majorité des anatomo-pathologistes ait été la sclérose et que la lésion ait parue tellement manifeste que l’on ait donné le nom à la maladie d’ovarite scléro-kystique; sclérose qui serait disséminée dans tout l'organe et paraîtrait plus marquée au niveau de
la corticale. Or, M. le Professeur agrégé MARTIN, qui a examiné des centaines d’ovarites kystiques et qui a bien voulu avec sa bienveillante sollicitude nous faire part de ses recherches à ce sujet, ce dont nous ne saurions trop le remercier, n’a jamais rencontré de sclérose autour de ces productions kystiques. Parmi les très nombreuses préparations qu’il a pu examiner et qui avaient toutes trait à des ovarites essentielles sans étiologie inflammatoire, jamais le stroma ovarien ne présentait ces travées de sclérose décrites si souvent par ailleurs. Au contraire, ce que l’on rencontre toujours c’est un état œdémateux, une infiltration embryonnaire nodulaire et il parait évidemment manifeste que les lésions du stroma ne peuvent expliquer ces dégénérescences kystiques diffuses de l'ovaire. Par ailleurs le microscope décèle encore des lésions vasculaires avec signes d’artérite, de sclérose des parois artérielles et enfin de nouvelles recherches faites par Roux, de Montpellier, par LHEMITIE et Du- PONT, ont mis en évidence dans le pédicule des formations nerveuses anormales, vrais névromes parfois
très volumineux.
De cette étude anatomo-pathologique forcément incomplète, mais qui résume les différentes lésions, peut-on conclure que l’ovaire à petits kystes est une
production patholgqiue?
On peut évidemment trouver de petites vésicules kystiques sur des ovaires normaux et WALLART a montré que ces productions kystiques étaient la conséquence normale de l’évolution normale de quelques
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follicules destinés à produire ces cellules interstitielles nécessaires à la sécrétion interne de l'organe.
Mais lorsque l’exagération de ces productions arrive à donner ces innombrables petites vésicules on peut bien dire que l’on est en présence d’un ovaire pathologique et, comme le disait Pozzi, « il peut exister des microkystes de l'ovaire qui par eux-mêmes n’ont aucune signification pathologique, mais leur multiplicité arrive à créer une véritable vulnérabilité de l’organe ».
Or, comme nous l’avons vu, ces productions kystiques ne sont que la manifestation visible macroscopique de l’évolution anormale de ces follicules, mais il existe en outre une hyperproduction des cellules interstitielles, des lésions vasculaires et nerveuses qui paraissent diffuser à toute la glande et que l’on ne peut déceler macroscopiquement. Au contraire, les ovaires kystiques qui présentent non pas ces formations minimes et diffuses, mais ces nodules kystiques séreux ou hématiques volumineux, gros comme une noisette, une prune, en nombre très restreint, semblent bien refléter une altération localisée circonscrite où le processus évolue lentement et dont l’ablation entravera vraisemblablement la propagation de proche en proche.
Y a-t-il entre ces deux sortes de lésions des liens étiologiques, peut-on trouver une cause à ces altérations bilatérales des ovaires?
La congestion pelvienne, théorie bien exposée dans la thèse de CoNZETTE, le tempérament neuro-arthritique avec ses tendances à la congestion et à la sclérose