ACTE I. n
BBUNAUD.
Sur l'article chiffons, les femmes sont cruelles ; •
Il m*a fallu tout voir : les bijoux , les dentelles I
Elles voulaient encor me retenir là-bas...
Mais je me suis sauvé... pour vous ouvrir mes bras.
Comme vous ressemblez à votre excellent père I
Il va bien? Il viendra vous rejoindre, j*espèreT
Ma table, ma maison , mon cœur, tout est à vous ;
Ce soir, vous dînerez à Meudon avec nous...
C'est dit!... Je suis en train de marier ma fille,
Et le fils de Verdier est de notre famille I
ARMAND
Hélas I monsieur ; frappé d'un coup inattendu, Mon père est ruiné... mon père a tout perdu I
BERNARD
Ruiné 1... Ruiné!... Quoi I sans que je le sache!
ARMAND
Depuis près de cinq ans à moi-môme il le cache... Je "VOUS dirai cela plus tard.
BERNARD, à pari.
Pauvre Verdier I Que faire?
ARMAND, à part.
Il se consulte... il va me renvoyer.
H«ut.
Compris à son insu dans une banqueroute...
Car ce n'est pas sa faute, au moins.
BERNARD
Qui donc en doute?
Pour les honnêtes gens le monde est juste et bon ;
Le malheur les atteint, mais jamais le soupçon. Verdierl... mon vieil ami!... Je suis vraiment coupable F Son silence, en effet, était inexplicable 1 J'aurais dû m'en douter... On croit que Ton vit bien. . Depuis cinq ans Yerdier souffre, et je n'en sais rien !
AAMAND.
Merci I mon brave père, au moins, dans sa détresse ,
Saura qu'à nous encore un ami s'intéresse;
Il y comptait d'avance en m'envoyant ici ;
En son nom comme au mien, merci, monsieur, merci f
BERNARD
Mais comment se fait-il?
ARMAND
Rien de plus ordinaire .
Un fripon vous conseille une excellente affaire; II promet de doubler votre argent en six mois ! Six moisi... cela vous tente... On se ruine en trois... C'est notre histoire... Aussi, sur cette pauvre terre, Nous voilà seuls... J'étais maître clerc de notaire; Ne pouvant acheter une étude là-bas, Je suis venu, cherchant... Quoi? Je ne le sais pas.
BERNARD
Je le saisi — vous venez dans notre grande ville Pour chercher un appui... Vous en trouverez mille! Du courage , morbleu 1 fils de mon vieil ami 1 L'or qu'on peut regagner n'est perdu qu'à demi. Le malheur est parfois salutaire à votro âge; Les âmes qu'il éprouve en valent davantage.
Il vous faut du travail..". Nous vous aurons cela ; Il vous faut des amis... Regardez... en voilai