ACTE î
MADAME DUBREUII.
Monsieur Armand Yerdier est ici... je Tai vu I
DUBRBUIL.
Eh bien?
MADAMB DUBREUIL.
Eh bien I son père est ruiné.
DUBREUIL
Sans doute.
MADAME DUBREUIL
Son père a tout perdu dans une banqueroute.
DUBREUIL
Permettez I
MADAME DUBREUIL
Il était votre ami.
DUBREUIL
Je crois bien I Il Test encor. Son fils sera Tami du mien.
MADAME DUBREUIL
Mais s'il disait...
DUBREUIL
Quoi donc? que voulez-vous qu'il dise?
Que de me ruiner pour eux j'eus la sottise ; Que nos forges d'Erlac ne valaient rien du tout ; Qu'ils ont reçu de moi vingt pour cent?— C'est beaucoup! De tous mes créanciers, grâce au ciel, je suis quitte; Je me suis arrangé... je n'ai pas fait faillite. Vous ne comprenez pas les affaires.
MADAME DUBREUIL
Ohl nonl...
Je ne les comprends pas comme vous.
DUBRBUIL.
Pourquoi donc ?
Jo n'ai jamais rien fait d'illégal... au contraire; J'ai fait ce que je vois de très-braves gens faire ; Ce qu'on m'a fait deux fois à moi-môme, depuis; Yous savez... Perinet et Léonard Dupuis.
Yoyons, n'ayez donc plus ces grands airs de victimB ; Tout Paris nous reçoit, nous aime et nous estime ; Nous sommes invités, plus que nous ne voulons, Partout, à tous les bals, dans les premiers salons. Au lieu de vous cloîtrer ainsi que vous le faites , Amusez-vous, donnez des dîners et des fêtes ; Sans vous inquiéter, en aucune façon , De ce que les niais disent à Besançon.
MADAME DUBREUIL
Ce n'est pas vous, monsieur, qui parlez de la sorte ;
Contre vous seul ma voix eût été la plus forte.
A mal user de vous un homme intéressé ,
Entre nous deux, toujours, par malheur, s'est placé I
— Tout Paris, dites- vous, nous estime et nous aime!
Plus c'est vrai, plus jecraing pour vous et pour moi-même.
Monsieur Armand Verdier me fait peur aujourd'hui ;
Et je crains Savenays mille fois plus que lui.
Cet homme, qu'a-t-il donc qui vous séduise encore ?
Vous honorez en lui le nom qu'il déshonore!
Servant ses volontés... à ses ordres soumis...
DUBREUIL
Savenays est pour moi le meilleur des amis;
Nous étions... nous serions encor de pauvres diables;
Nous voilà, grâce à lui, des gens considérables l