‹ La considérationChapitre 24 sur 97 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Nous recevons chez nous des ducs, des généraux ; Étant plus riches qu*eux, nous sommes leurs égaux.

— Ce brave magistrat, dont nous prenons la fille, Est fier ()e s'allier avec notre famille.

— Rester pauvre!... Voyez!... Duchesne dédaigné Vainement au collège, autrefois, a réi^né ;

Dans un humble bureau son vieux laurier se fane ; Le monde, quMl accuse, au néant le condamne.

Le monde avec raison interroge, en effet.

Non ce que fit l'enfant, mais co que l'homme fait. *

— Savenays, grâce au nom que lui légua son père, Kst accueilli partout, chacun le considère;

Nous autres... l'argent seul pouvait nous relever,

Nous en avons... A tout j'ai le droit d'arriver !

On m'entoure déjà d'un respect unanime :

On estime l'argent... j'en ai... donc, on m'estime!

Pour se faire honorer dans ce monde railleur.

L'argent est un moyen... vieux, mais c'est le meilleur 1

MADAME DUBREUIL

Hélas t

DUBREUIL

■Pour Savenays vous êtes vraiment dure, II ne mérite pas cela, je vous f assure.

— Dans le premier moment, vous savez ; j'étais fou 1 J'avais sacrifié jusqu'à mon dernier sou ;

Alors il vint à moi sans phrase, en galant homme

« Tenez, j'ai là, dit-il, une petite somme;

« Travaillons I... Vous avez votre but, moi le mienl

« De réussir tous deux je connais le moyen.

a De peur de vous gêner et de me compromettre,

a Dans ce que vous ferez je ne veux pas paraître. »

— C'est délicat pourtant 1... Eussiez-vous aimé mieux Qu'il vendu le blason de ses nobles aïeux ?

Qu'il épousât, au poids de l'or, — c'eût été triste ! Quelque jeune bossue, ou quelque vieille artiste ? Fif... J'entrai bravement dans sa combinaison; Et, depuis, le succès nous a donné raison !

Nous nous sommes compris et complétés l'un l'autre, Nous avons labouré, moi, son champ... lui, le nôtre; De sa récolte, enfin, chacun est assuré; Le comte est riche... et moi, je suis considéré I

— Ainsi, n'en parlons plus jamais, je vous en prie ; Je ne puis là-dessus entendre raillerie.

Savenays m'a sauvé... c'était l'essentiel I

— . Quant au jeune Verdier, qui nous tombe du ciel, Pourquoi donc, s'il vous plaît, craignez-vousqu* il me gène? Et de quoi voulez-vous que je me mette en peine ?

MADAME DUBREUIL

Je crains... Monsieur Bernard Ta, je crois, invité... S'il venait à Meudon !

J'en serais enchanté I Étant petit, c'était un garçon très-aimable ; Je lui dirai ce soir : Mettez-vous à ma table. Et dînez avec nous ! — Si vous le rencontrez. Dites-le lui.

MADAME DUBREUIL, à part.

Mon Dieu t vous lui pardonnerez !

DQBREUIL.

J'entends monsieur Bernard avec toute sa fôte; Partez, si vous voulez, ensemble, en arbalète !

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