ACTE I. 3S
Nous recevons chez nous des ducs, des généraux ; Étant plus riches qu'eux, nous sommes leurs é{^ux.
— Ce brave magistrat, dont nous prenons la fille, Est fier de s'allier avec notre famille.
— Rester i>auvre !... Voyez!... Duchcsne dédaigné Vainement au collège, autrefois, a çégné;
Daus un humble bureau son vieux laurier se fane; Le monde, qu'il accuse, au néant le condamne. Le monde avec raison interroge, en elfet, Non ce que fit l'enfant, mais ce que l'homme fait.
— Savenays, grâce au nom que lui légua son père, Hst accueilli partout, chacun le considère;
Nous autres... l'argent seul pouvait nous relever,
Nous en avons... A tout j'ai le droit d'arriver !
On m'entoure déjà d'un respect unanime :
On estime l'argent... j'en ai... donc, on m'estime!
Pour se faire honorer dans ce monde railleur,
L'argent est un moyen... vieux, mais c'est le meilleur!
UADAMB OUBREUIL.
Héla^ !
DPBREUIL.
r.);:.' ."^avenays vous êtes vraiment dure, Il ne mérite pas ceki, jo vous l'assure.
— Dans le premier moment, vous savez ; j'étais fou ! J'avais sacrifié jusqu'à mon dernier sou;
.VIors il vint à moi sîins phrase, en galant homnio
« Tenez, j'ai là, dit-il, une petite somme;
« Travaillons I... Vous avez votre but, moi le mien!
« De réussir tous deux jo connais le moyen.
Vf De {>eur de vous gêner et de me compromettre,
u Outci ce Mui' vnu.; r<>(i>/ i(> iip vpiix pas paraître. «
— C'est délicat pourtant I... Eussiez-vous aimé mieux Qu'il vendit le blason de ses nobles aïeux?
Qu'il épousiit, au poids de l'or, — c'eût été triste ! Quelque jeune bossue, ou quelque vieille artiste ? Fi !... J'entrai bravement dans sa combinaison; Et, depuis, le succès nous a donné raison ! Nous nous sommes compris et complétés l'un l'autre, Nous avons labouré, moi, son champ... lui, le nôtre; De sa récolte, enfin, chacun est assuré; Lo comte est riche... et moi, je suis considéré I
— Ainsi, n'en parlons plus jamais, je vous en prie ; Je ne puis là-dessus entendre raillerie. Savenays m'a sauvé... c'était l'essentiel !
— Quant au jeune Yerdier, qui nous tombe du ciel. Pourquoi donc, s'il vous plaît, craignez-vousqu'il me gène? Et de quoi voulez-vous que je me mette en peine ?
MADAME DVBREUIL
Je crains... Monsieur Bernard l'a, je crois, invité... S'il venait à Meudon !
DUBREUIL
J'en serais enchanté !
Étant petit, c'était un garçon très-aimable; Je lui dirai ce soir : Mettez-vous à ma table, Et dînez avec nous 1 — Si vous le rencontrez. Dites-le lui.
MADAME DUBREUIL, à pirt.
Mon Dieu ! vous lui pardonnerez !
DUBRELI L.
J'entends monsieur Bernard avec toute sa fôte; Parlez, si vous voulez, ensemble, en arbalète!
ACTK I. 37
Moi, je m'en vais. — Bientôl nous nous reposerons; Bit'nlôt de ma fortune, en paix, nous jouirons; Liisst'z- moi faire... Au fond, je vaux mieux qu'on ne pense; Voire l)o:il«eur. un jour, sera ma rôcomponse. Vou* me rendrez justice, alors Ne craignez rien!
Il sort par le fond.
Ce n'est pas un méchant... c'est un aveugle.
Elle «ort p.ir la droiU.