ACTE m
Noire étoile pàlio un jour sembla renaître;
Des spéculations faites avec bonheur
A notre humble maison rendirent sa splendeur;
Et, croyant leur fortune à la notre attachée,
Bientôt tous nos amis nous l'eurent reprochée.
Hélas! un sacrifice honorable, loyal,
Pouvait, en sauvant tout, réparer tout le mal;
Pour nous perdre, en leurs mains ils n'avaient aucun titre;
L'honneur entre eux et nous était le seul arbitre;
Raison do plus!... avec un pareil créancier,
On ne marchande pas, il fallait tout payer!
J'ai prié, j'ai pleuré, mais sans me faire entendre;
Ne croyant rien devoir, on n'a rien voulu rendre.
Par un entêtement de fausse honnêteté.
Avec orgueil, alors, nous avons tout quitté ;
Laissant derrière nous des ruines, des larmes,
Qui devaient |X)ur nous perdre être un jour autant d'armes;
D'un passé menaçant pour étouffer les cris
Nous espérions trouver un refuge à Paris ;
A ses tristes plaisirs, bien loin d'être sensible,
Je n'y cherchais pour moi qu'un repos impossible 1
Maudissant la fortune au lieu de l'envier,
Je ne lui demandais que do nous oublier ;
Mais une voix terrible, implacable, à toute heure.
Sans cesse, me criait : « Pleure, là-bas on pleure! »
Je voulais m'en défendre et ne le p;)uvais pas;
J'entendais, là, toujours : o Pleure, on pleure là-bas! »
— La fortune à ce prix, monsieur, est bien cruelle!
La pauvreté de l'homme honnête vaut mieux qu'elle.
A Lneicn.
Ton père, au moins, ton père, et c'est ce qui l'absout.
86 LA CONSIDÉUATION.
Cfoit que l'argent est tout, fait tout, remplace tout. Ce n'est pas un méchant, disais-je hier encore, C'est un aveugle : il fait le mal, mais il l'ignore!
A Bernard.
Si, de vous cacher tout se faisant une loi,
Quelqu'un vous a trompé, ce n'est pas lui, c'est moi ,
C'est moi , monsieur, qui , mère encore plus que femme,
A la contagion disputant sa jeune âme,
Le cachai, l'élevai loin du monde, et le fis
Digne de devenir à vingt ans vôtre fils.
Il l'était!... nous étions sauvés, nous allions l'être;
Dieu ne l'a pas voulu... ne l'a pas dû, peut-être!
Il nous frappe au moment où nous touchions au port;
Ne condamnez que moi... c'est moi qui seule eus tort!
BERNARD
Madame...
* MADAME DUBREUIL
J'en appelle à votre conscience ; Vous, monsieur, qui des cœurs avez l'expérience; Monsieur Dubreuil, après cotte explication. Est-il plus qu'un aveugle? Est-il un méchant? .
BERNARD
Non, Pas pour moi.
MADAME DUBREUIL, à Lucien.
Viens, partons, mon fils, partons!
LAURE, à madame Dubreuil
Madame !
A Bernard.
Mon père!