CHAPITRE XI J
LA BILLARDERIE
La lettre trouvée chez M. de Malésieux...
LA DUGHBSSE.
£t lui aussi ? De quelle lettre parlez-vous ?
L4 BILLARBERIE.
De.celle que le roi. d'Espagne a. écrite au roi de France,
LA DUCHESSE
Il ne l'avait pas brûlée? L'imprudent!
M. BILLARDERIE
Ce n'est pas sa faute : lorsqu'on se présenta à Sceaux pour l'arrêter , le projet de cette lettre se trouva sous son. écritoire.
Dès qu'il l'aperçut , il le déchira ; mais 51. Tfudaine s'empara des deux morceaux^ qui' ont été rei^is au conseil de régence ( i ).
(i) Ce projet de lettre se trouve ainsi mutilé aux iirchives des affaires étrangères.
aÔa LE PARDON.
La JdÙtGHSSSE.
A-t-il donné quelques explications*?'
LA BILLARt)EEfE.
Aucune; il n'a rien dit.
LA BtJCAEëSE.
H n'avait rieà à «lire. Je suis sûre que Laval n'a pas été moins fidèle et moins loyal que lui.
LA BILLARBERIE.
On l'accusait dé s'être mis à vos ordres pour soulever le Poitou.
LA DUCHESSE
ïl y a fait un voyage pour foire signer à quelques gentilshommes la protestation de la noblesse en feveur de nos droits ; rien de plus naturel et de plus légitime ; c'est notre ami.
GHAPITBC XII. '2à63
LA BILLASENERIB.
' On prétendait aussi, qu'il vcms ayait préseiité à Bercy , dans le jardin de la duciiôise de Ro&an , un gehtilhomiiie bretion auquel vous aviez promis beaucoup d'argent et de pierreries pour 'entretesiir la révolte de la Bretagne. î
liA nUC9I15$SX.
Cest faux, fdffaire de Bretagne est en* tièrement indépendante des choses dont j% me suis mêlée dans l'intérêt ^u royaume.
IJL BILLARDËRIE.
• Ce n'est pas tout , et je supplie Votre Altesse de me permettre de lui faire une question.
LA DUCHESSE
Parlez.
264 LE PÀRDOir.
LA BILLAKMRIE.
* Vos. ennemis n'ont pas craint dr mêler votre nom aux intrigues d'un abbé Le Camus , d'un abb^ Veyrac, d'une comtesse de Chavigny.
LA DUGHESSi:.
Qui, moi?. quelle indignité! L'abbé Le Camus ' a fait . quelques recherches pour moi dans l'affaire des princ<es légitittiés ;; mais c'est un honnête homme (i); Veyrac est un fripon toujours prêt à vendre les gens qui l'ont acheté; la comtesse de Chavîg^ny n'est qu'une folle dont s'est
(i) La duchesse distribuait à son caprice les.répatations : c'est Tabbé Le Camus qui avait rédigé l*alina~ nach de la régence , libelle infâme contre le duc d'Ov^ léans.
cHAPiTRt^ XII. a65
amusé Tesprit romanesque de la Delaunay :
misérable tripotage dont la pensée seule
me fait rougir!
LA. BILLARDEKIE.
Ah ! madame, plût au ciel que vos juges fussent ici pour vouis entendre ! les portes du château de Châlons s'ouvriraient à l'instant même pour nous rendre tous deux à la liberté! Mais il me vient une idée... Oh!
non, Votre Altesse ne voudrait pas...
,XA DrÇHESSE.
Que prétendez-vous faire ?
LA BILLARDERIE
Écrire votre déclaration.
LA DUCHESSE
A quoi bon ?
Sè66 LE f^ARBON.
LA BILLARDERIE
Pour l'envoyer à Paris : M. le duc d'Orléans n'hésitera plus à briser vos fers.
LA BUGHESSE.
Dubois lui retiendrait la main.
*LA BILLARDÏIRIE.
M. Le Blanc plaidera pour vous.
LA nUOHESSE.
J*en doute.
LA BILLARDERIS.
Et moi , j'en suis sûr.
LA PXJCHSSSE.
comment ?
LA BILLARDERIE
Apprenez, madame, que j'ai ordre de vous dire que si Votre Altesse veut écrire ses aveux , sa grâce en sera le prix.