CHAPITRE VIIl. 1 l
jalousie , la colère , s'emparent tour à tour ^4e ^on âme; immobile, Tceil fii^é sur la porte^ elle croit toujours le voir paraître ;
et les heures s'écoulent, et le feu meurt
dans*laclxeminée, etles flambeaux fument et s'éteignent, et ,1e jour la retrouve, pâle et tremblante d'effroi ^ sur le sopha où elle s!était assise belle d'amour et d'espérance.
Enfin dixj l^eu^:^ sQmçiçnt , et le jeune diplomate arrive. La fatigue dont il parait accablé ranin^e les soupçons de Marianne, et des larmes s'échappent de ses yeux.
Vainement il cherche à la consoler, elle repousse ses caresses. « Vous ne savez donc pas, lui dit-elle, ce que c'est qu'une nuit passée dans l'impatience! vous ne savez
donc pas ce que je souffrais loin de vous,
\ \6 LA COtTRTISANF.
ingrat! Regardez : comme moi tout vous attendait ici; cette parure, c'est de vous que je la tiens; ces fleurs, c'est vous qui me les avez données. Qui donc a pu vous retenir? » Pressé de répondre, il roilgit 6t s'embarrasse dans ses excuses. — « Vous me trompez, reprend Marianne, et une fois qu'on s'est menti en amour, on ne s'aime plus. Sans doute vous étiez aux genoux d'une autre? — Ah! Marianne! — Est-elle donc plus belle et plus aimante qùe^ moi? Parlez , quelle est cette rivale? — Tu n'en as pas, je ne chéris que toi. — Pourquoi n'êtes-vous pas venu ? — C'est que Porto-Car rero devait partir ce matin pour Madrid avec Monteleone , et j'étais bien aise de lui dire adieu. — Un mot, un in-