‹ La conspiration de Cellamare; épisode de la RégenceChapitre 55 sur 121 · L OPERA · texte numérisé non relu

L OPERA

tout haut de$ prindpes que démeDteiîenl tout bas se% faiblesses.

Madame d'Averue était toute faite dé grâces ; $es cheveux blonds^ ôn& et légers f étaient les plus joUs cheveux du monde } sa taille échappait aux dix doigts qpui esrsayaient de la saisir; sa peau était d'une blancheur éblouissante, son pied imper*-, ceptible, sa voix douce et tendre,^ et un lé-*

ger dé&ut de prononciatioa prétait u0 charme de plus à sa manière de parler. Sa physionomie^ jeune et mobile , devenait surtout charmante quand elle s'animait ; alors ses jouea rosées se colgiraient de fraîcheur; ses longs yeux bleus se voilaient d'une vapeur humide, et ses lèvres en se relevant des deux côtés de sa bouche en-

tf ^ôirrétte formaient k i^uê éâestt; sourire : c^était l'ange dé k roinptél

Mlé venaJt pour la première fois souper ati Pdlatô-lkoyal^ aussi ne se trouvà^-t^K pas sans im plai$ir mêlé d'effroi ^ dans ce lieu de délkes^ parmi les coirrives que le îégé&t appelait ses roués*'

A leur tête était Kocé : c'était un homme * grand ^ noir.^ qui cachait une âane ardente «ôuâ l'air d'un philosophe f ses grandes ma^ hièreij sa haute impertinence > les saillies amères de son esprit^ auraient pu servir de modèle à Barcm. pour son Homme à honites fortunes^ ou à Gresset pour sùn Méchant ; élevé avec le régent dans la plus ^grande familiarité et dans le secret de tous ses i^aisirs; il «rait sur lui cette autdrité

j3i l'opéra.

que Tindépendance du caractère donne^ sur les princes qui ne craignent pas la vérité ; et le régent le comblait de richesses « qu'il .ne dépensait pas, disait-on, à fonder des; couvens*»

Jje marquis de Canillac, capitaine d'une compagnie de nioùsquetaif es du roi , avait la figure plus douce , le tour d*esprit plus agréable, une politesse plus a0ectueiise. Il contait avec une grâce toute particulière, saisissait avec art les ridicules , et les immolait sans pitié au désir d'amuser et de plaire. Ami des plaisirs . et de . la bonne chère, il ne se refusait aucune jouissance, et se parait aux yeux du monde de la plus rigide austérité. .

Le chevalier de Ravanne , birave et ga-

cuaIpitre IX. t33

iant, nous a laissé des méirioires qui attes^ tent qu'il £ut initié de bonne heure aux mystères du Palais-Royal (i).

Le comte de BrogUe avait la physionomie d'une chouette et la malice d'un singe^ Joueur, libertin , criblé de dettes , il passait sa vie dans les tripots, mais lorsqu'il avait le verre en main, il pétillait de gàîté; sa conversation n'était pas toujours chaste, .mais quand on rit, on est indulgent, et il chantait les chansons tes plus folles, et ses bons mots faisaient la fortune d'un souper.

Le chevalier de Brissac (2) avait conservé

(i) Voir ses Mémoires.

(a) Jean-Paul-TimolëoQ Co^é de Brissac , chevalier de M^Ite. "

dfliiA cette dangereux intimité $qp çarac** ière d'hooneur, $a francbUe et sa loyauté chevaleresques.

Le duc de Branca;^ était un homi^e brillant f mais frivole et voluptueux j <iui effleur rait la vie sans s'artéter à rieu de ce qui poutait déraxiger sou égoîsme ou sa pa** resse. Le régent voulait-il lui faire une con* ^dénce? ix Gardez^vou^^en bien, monseigneur , je ne sais pas <Jonserver un]^secret. i>. Lui parlait-il des ai&ires de l'État ? «c Le^ affaires m'ennuient, et la vie n'est- faite que

pour se divertir, » Et lorsque les gens de

sa province le priaient d'intercéder pour

eux auprès du prince : «J'ai beaucqup de faveur, répétait-il sans cesse, mais je n'ai nul crédit. » .

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