CHAPITRE IX
Ul DFCHESSE de FiXARIS.
Ah! duc! Mais je ne vois pas quelat^
trait on «peut trouver à ces bals. Ce mouvement de gens qui passent et 'repassent, qui se cherchent et se fuient; ce fausset monotone de voix confuses qui bourdonnent sans cesse , tout cela m'étourdit et me fatigue; et d'ailleurs, rien de plus indécent que les propos que le masque autorise ; rien de plus immoral que les intrigues qu'il cache , c'est im véritable scandale.
MADAME d'aVERNE.
Je croyais madame la duchesse moins sévère pour les plaisirs ; ceux d'un bal masqué sont ausâi doux qu'innocens. Le domino enhardit la pudeur sans la faire oublier , et sous le masque on écoute avec moins
1 38 L'oPiEA.
d'embarras un aveu qui nous ferait rougir à visage découvert;.
LA OOMTSSSB BK BARÂBilKK,*
. Ilya des*finnni«rqui sont fort heureuses devoir un masque pour faire croire qu'elles!
peuvent rougir* T&n connais qui trompent leur mari , qui délaissent leur amant , qui échangent leur cœur contre un éçrin, et
qui pourtant ne rougissent pas.
CAHriIXAG.
C'est comme dans la parodie que nous avons vue l'autre jour.
aUA COMXESSB S>M ]PAIIA9i:jUE. .
Contez^i-la donc à monseigneur : cela l'a* musera.
.. La scène se passe en Turquie : une je^iji^
GHAPITEB IX. l39
femme aime le Hurri d'une de ses amies : le paoha lui jette le mouchoir | le titre de maîtrçss^ effarouche d'abord s^ fierté; dte croit .d'ailleurs aimer trop son amant pour lui devenir infidèle; mais il est s| peu de femmes chez qui la yanité ne soit pas plus fottequeramour.UnecorlMPlkpldnede pierreries , un billet écrit de la main * du pacha, triomphent de ses scrupules, et la jeune Française règne au sérs^il*; ^lors son époux lui dit avec joie :
«J'ai re^u de9 trésors et vous êtes liyrée. »
* Et le pauvre amant s'écrie au désespoir :
«Je retourne à ma femme et j'ai l'âme nayrée. » (i)
(i) Cette paroclitf fat faite à l'oceasioii dg triomphe de madiime d'Avertie sur madame de Parabère. Le
1 4o l'0P£IIA«
LA COHTESSB DE PARABiRE.
iTest^ce pas y monseigneur, que c'est fort plaisant? . .