‹ La conspiration de Cellamare; épisode de la RégenceChapitre 9 sur 121 · CHAPITRE VIÏ. tS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIÏ. tS

subitement de la contrainte à la licence^ Les voluptés du duc d'Orléans reçurwit alors du haut rang où il était monté une publicité plus éclatante ^ et ses détracteurs s*en autorisèrent pour l'accuser avec plus d'amertume. Us ne virent dans le régent que le continuateur du jeune prince que les^ dégoûts de la cour avaient jeté dans la débauche; ils jugèrent l'homme de plaisir sans rendre justice à. l'homme d'État. Cependant les grands de la terre appartien-* nent à l'histoire par l'influence politique qu'ils ont exercée, bien plus que par ces faiblesses humaines qui naissent et meurent avec les sens; et si la postérité, ce tribunal sans passions , n'apprécie dans PhUippe d'Orléans que le guerrier, le politique et le

t6 LE FALA.tS«RÛ¥ÀL.

jiépositaifîe cbi pouvoir poefal , elle assignera une. place glorieuse asa héros de Nerwinde et.de^Iiérida^ au protecteur de» lectrèà et des aarts.(i)>,et au pacifica^teur de TEutt^. Une pensée L'occupait alors tout entier.

. (i) JLacuii . piÎDce . ne prodigua aux- gens de lettf es et aux artistes plus de bienfaits, de grâces et de fa* veurs. Il eut la gloire de faire imprimer et publier le Télémaque, qui avait été proscrit sous Louis XIV. Itiegea dans ses palais Fontenelfe ; Tabbé de Saîtit-

Fierre» Monganlt, Yertot, LaÊue^LiEni({epiérr«,'I>tt* fresniy Destouches \ il donna à beaucoup d'autres des pensions et des distinctions honorifiques ; et tel était son attachement pour ceux qui par leurs écrits ou feui^ tftl^s iBèstraiatt le. royamne , ique^ lorsqu'il remit le pouvoir à Lquîs XY dev^pu miô^ur ; « Sirej» lui dit-il , je ne demande qu'une grâce à V. M. : c'est de rester toujours secrétaire d'État de F Académie, (Histoire de l'Académie des Sciences.}

€HAPIT]US VII. 17

A peine arait-^il été iïive»ti de la régence qiae, jetant un regard sur l^héritage de Lbirië XIVj il n'aTaît pu Voir sah^ efifr oi l'état dé|^ràble où les prodigalités de ce

monarque et ses guerres désastreuses avaient laissé Ie$ financer du pe^ys: aussi revait-il sans cesse aux nkrjretis de combler le défiât et de. soukgér le& chargea du peuple ; de là cette fecilité à accueillir des systèmes hriUahs en apparence , mais ^ui n'étaient qu'un voile d'or étendu pour unmomént sur Fabîuie creusé par Louis XIV; abîme où vinrent s'engloutir et la fortune jpublique et la moonarchie ; de là aussi le déi»ir si vif de donner la paix à la France épuisée.

Le traité dlJtrecht avait été l'ouvrage de

presque toute l'Europe ; cependant elle n'a-

l8 LE PALAIS-ROTAL.

vait pu parvenir à accorder le roi d'Espagne et l'empereur. Charies VI ne reconnaissait pas encore Philippe Y en qualité de roi d'Espagne, et Philippe , à son tour, n'avait pas renoncé à ses droits sur les provinces de la monarchie espagnole que la paix d'Utrecht avait transférées à l'einpereur. Le régent, prévoyant dès lors que la tranquillité de l'Europe pouvait n'être pas d'une longue durée, rechercha l'alliance de l'Angleterre, qui était la puissance la plus intéressée à maintenir les dispositions du traité, et fit entrer les états -généraux dans la négociation. Il en résulta un traité , connu sous le nom de Triple-Alliance^ qui fut signé à La Haye, le 4 janvier 1717, entre la France , l'Angleterre et la Hollande ,

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