CHAPITRE VII
son ministre et son maître, ne lui permet point de l'habiter; mais sa veuve, Anne d'Autriche, s'y établit avec le jeune Louis XI V( i ) ; il devient alors le confident de toutes les intrigues et de toutes les folies de la Fronde, et les Condé, les Mazarin , les Retz , les Mathieu Mole, apparaissent sur ce théâtre comme des figures trop hautes pour cette parodie de la Ligue si féconde en grands personnages et en petits événemens; après la paix de Saint-Germain (2), la cour revient au Louvre, et le Palais-Royal est donné pour asile à la veuve de Charles Ier (3). Bientôt le deuil de cette reine fait place aux pompes
(3) Marie-Henriette d'Angleterre»
d'un mariage; sa fille épouse Philippe d'Orléans , frère du roi(i), et le Palais-Royal, devenu l'apanage de la maison d'Orléans , excite la jalousie de Versailles sous le charme de cette Henriette qui vit Louis XIV à ses genoux, et dont la mort remplit Saint- Cloud de douleur et d'épouvante (2). Le régent porte, dans les embellissemens de cet édifice , la passion qu'il avait pour les arts , et ses salons se décorent de toutes les magnificences de la peinture ; fils dévot d'un prince voluptueux , Louis d'Orléans s'effraie de la nudité de plusieurs de ces tableaux, il les livre aux flammes , et à la lueur de ce chaste incendie , il court se réfugier à l'abbaye de
(7.) Bossue t.