‹ La Conspiration de CellamareChapitre 10 sur 166 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

il ne doutait pas qu'une paix durable ne devînt le fruit de sa sollicitude. Tel fut l'esprit du traité de la quadruple alliance que Dubois négociait à Londres.

L'élévation de cet homme fut un des plus étranges caprices de la fortune. Né obscur et pauvre, avec une figure ignoble, où tous les vices de son âme étaient stigmatisés , il parvint aux plus hautes dignités de TÉtat et de l'Église (i), affecta la toute-puissance de Richelieu (2), et gou-

(1) Premier ministre, cardinal, et même académicien !

(2) Se souvenant que le cardinal de Richelieu avait des gardes et se faisait rendre les honneurs militaires, Dubois eut la fantaisie de monter à cheval , pour passer en revue la maison du roi. Le mouvement

verna en ministre absolu un prince qui le méprisait, et un peuple dont il était haï. Doué du génie de l'intrigue, adroit jusqu'à la fourberie, souple jusqu'à la bassesse, quelquefois hardi jusqu'à l'impudence , sans autre morale que le succès , il spécula sur les faiblesses humaines , il flatta les vices, et substituant le cynisme à l'hypocrisie, qui à la cour de madame de Maintenon était la source de toutes les grâces , il osa fonder sa puissance et sa gloire sur l'effronterie et la corruption ; et cependant, telle est la séduction du pouvoir ou la dépravation des peuples , que cet homme qui

qu'il se donna fit crever l'abcès dont il était tourmenté; il ne survécut pas à l'opération : il était âgé de soixante-six ans.

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