CHAPITRE VIT
et où les dispositions du traité d'Utrecht, qui se rapportaient à la succession des deux couronnes d'Espagne et de l'Empire, furent solennellement renouvelées ( i ). Mais la triple alliance n'avait point déconcerté Albéroni ; il était resté fidèle à son projet de faire la guerre à l'empereur , de recouvrer par les armes les Etats d'Italie démembrés de la monarchie espagnole, et de replacer Philippe Y sur le trône de France, dans le cas où Louis XV viendrait à mourir. Le régent ne pouvait ignorer ni souffrir de pareils projets; il comprit que le meilleur moyen de les com-
(i) Cette négociation fut conduite par l'abbé Dubois pour la France, le général Cadogan pour l'Angleterre, et le pensionnaire Heinsius pour la Hollande.
battre , était de faire entrer l'empereur dans la coalition , et de l'amener à renoncer authentiquement à toute espèce de droits sur la couronne d'Espagne , comme l'Espagne avait renoncé à toute espèce de droits sur la couronne de France; il regarda, avec raison, cette double renonciation comme un gage de stabilité pour l'Europe. Le czar , à son voyage à Paris , n'avait pu s'entendre sur ce point avec lui , parce qu'il était jaloux de l'Angleterre. La Suède ne l'inquiétait pas, à cause du boulevard naturel que l'Allemagne opposait à ses efforts. Quant à l'Espagne, il espérait que la folle ambition d'Albéroni s'abaisserait devant une ligue formée de l'Angleterre, de l'Empire , de la Hollande et de la France ; enfin