‹ La Conspiration de CellamareChapitre 103 sur 166 · CHAPITRE X. l8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. l8l

« dit-il, les papiers que j'ai remis à Mesnil, « vous savez tout, car il n'y a rien qui n'y « soit. » Mandé par Le Blanc , le chevalier de Mesnil lui répondit : « Je vais, monsieur, vous parler, non comme à un ministre d'Etat et à mon juge, mais comme à un galant homme qui fait cas des sentimens d'honneur. » Et il lui raconta naïvement ce qu'il avait fait. Le régent applaudit à sa conduite (i), mais Dubois, furieux d'avoir été trompé, fit mettre le chevalier de Mesnil à la Bastille.

(i) Un marquis de Mesnil , d'une autre famille, alla trouver le duc d'Orléans pour l'assurer qu'il n'était ni parent ni ami du chevalier. — «Tant pis pour vous, monsieur, répondit le régent; le chevalier de Mesnil est un très-galant homme. »

iSl LA BASTILLE.

Les premiers aveux de Brigaut, dont on connaissait le caractère pusillanime, jetèrent la terreur à la cour de Sceaux. « Cet imbécile d'abbé qui s'est laissé prendre! dit un jour Pompadour à Laval. — Qui sait, répondit Laval, s'il ne nous a point compromis ? » Et ces paroles avaient été rapportées à Dubois. Il savait aussi les inquiétudes de la duchesse du Maine et de ses partisans ; mais il jugea à propos de tenir pendant quelque tems, suspendue sur leurs tètes , la main qui devait les saisir ; et cette politique eut pour fruit de dévoiler tous ceux qui avaient trempé dans la conspiration ou qui avaient fait des vœux pour son succès. C'est ainsi que se démasquèrent les comtes de Daidy et de Magny par leur fuite

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