‹ La Conspiration de CellamareChapitre 107 sur 166 · CHAPITRE X. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. l

s'échapper; il croirait que l'échafaud est à la porte de la prison ; mais la duchesse , c'est différent : elle est femme à tout entreprendre pour se sauver.

LE RÉGENT au duc de Bourbon.

Eh bien ! M. le duc , vous gardez le si lence ? Cependant cette affaire vous regarde tout aussi bien que moi : car si Piilippe Y revenait en France, plus de renonciation! adieu l'avenir des Condé comme celui de la maison d'Orléans. Aidez -nous donc un peu.

LE DUC DE BOURBON

Je cherche, j'envisage.

LE RÉGENT

i N'avez-vous pas à votre disposition quelque château , quelque maison de sûreté ?

LE DUC DE BOURBON

Moi?

LE RÉGENT

Dijon, par exemple!

LE DUC DE BOURBON

Ah ! monsieur ; rien de mieux que de mettre madame du Maine en lieu sûr ; mais vouloir me constituer le geôlier de ma tante !

LE RÉGENT

Cependant, encore une fois, l'affaire nous intéresse tous les deux; il ne serait pas juste de m'en laisser toute la responsabilité; et j'ai beau chercher, je ne vois rien de mieux que Dijon. Tenez, prenons Saint-Simon pour juge.

Page 1