‹ La Conspiration de CellamareChapitre 108 sur 166 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

SAINT-SIMON, souriant.

Le cas est très embarrassant ; M. le duc n'a pas tort et M. le régent a raison. Ce n'est peut-être pas fort agréable en général d'être le geôlier de sa tante ; mais ce léger inconvénient disparaît, ici, devant l'intérêt de l'État ; rien n'est plus important que de prouver aux factieux que la plus parfaite harmonie règne entre les deux premiers princes du sang. J'avouerai aussi , quoique d'humeur peu vindicative, qu'à la place de M. le duc, j'aurais quelque peine à me refuser le plaisir de faire enrager entre quatre de mes murailles une femme qui aurait plaidé contre moi. Tout prince que l'on soit , on est homme d'abord , et cette

rocambole (1) me paraît trop plaisante pour en faire le sacrifice.

LE RÉGENT, au duc de Bourbon.

Allons, mon cher duc, vous souriez; vous êtes persuadé.

LE DUC DE BOUBBOtf.

Eh bien, soit! je ne suis pas fâché de donner à madame la duchesse un appartement dans mon château de Dijon, en échange de celui que je lui ai pris aux Tuileries. »

Le lendemain on fit cerner Sceaux , et à l'instant où le duc du Maine sortait de la chapelle, La Billarderie , lieutenant des gardes du corps , l'arrêta et le fit monter

(1 ^Expression textuelle de Saint-Simon.

Page 1