‹ La Conspiration de CellamareChapitre 110 sur 166 · CHAPITRE X. Ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. Ï

Saint-Honoré ! Il n'obéit qu'à regret. Elle affecta d'abord un courage théâtral, elle déclara qu'elle ne partirait pas. Dubois survint : « Monsieur , lui dit tout bas Ancenis avec une compassion mêlée de fatuité, attendez un peu, je vous prie; la pauvre dame a besoin de repos, je puis vous l'assurer. » — « Elle en aura de reste, répliqua tout haut l'abbé , dans le château de Dijon. »

Ce nom, l'idée de devenir prisonnière de l'homme qu'elle détestait le plus, excitèrent dans la princesse une fureur qui n'eut plus de bornes, lorsque Dubois lui défendit d'emporter ses diamans. « Avec ces pierreries, rehaussées par tant de charmes, dit-il, il

y aurait de quoi ouvrir trente prisons des

ÏC)6 LA BASTILLE.

mieux fermées! — Eh bien, satan d'abbé, s'écria-t-elle en les lui jetant à la figure, tiens , voilà de quoi payer tes orgies pendant ma captivité. » Un carrosse l'attendait; La Billarderie le jeune, frère de celui qui conduisait le duc du Maine à Dourlens, y monta avec elle; on la fit passer derrière les remparts pour éviter la foule et le bruit, et on lui permit de se reposer à Essonne. Là, elle fit la malade, changea de voiture , s'arrêta le lendemain à Auxerre, se flattant toujours de recevoir de Paris, par le crédit de la princesse de Condé, la révocation de son exil : cet espoir fut déçu ; elle entra captive au château de Dijon.

Son arrestation fut immédiatement suivie de celle de ses amis et de plusieurs

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