‹ La Conspiration de CellamareChapitre 112 sur 166 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

« Je commençais à m'assoupir, dit-elle, « quand j'entendis ouvrir ma porte, où je « laissais la clef. Je crus que madame la « duchesse du Maine me renvovait cher- « cher. Je dis à moitié éveillée : Qui est-ce ? « une voix inconnue me répondit : C'est de « la part du roi ! On me dit de me lever ; « j'obéis sans réplique. C'était le 29 décem- « bre, le jour ne paraissait pas encore. Les « gens qui étaient entrés dans ma chambre,, « y étaient venus sans lumière j ils en allè- « rent chercher , et je vis un officier des « gardes et deux mousquetaires. L'officier « me lut un ordre qu'il avait de me garder « à vue. Ainsi renfermée, j'étais dans une « horrible inquiétude de ce qui se passait « chez madame la duchesse du Maine, et

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« je ne savais pas ce qu'on voulait faire de « moi. L'après-dîner , deux maîtres des « requêtes vinrent prendre mes papiers ; je « leur dis qu'ils y trouveraient quelques « lettres galantes , mais qu'il était bon de « les avertir qu'elles étaient d'un homme « de quatre-vingts ans, quoique écrites d'une « main écolière, parce qu'il était aveugle ; « c'était l'abbé de Chaulieu, et le secrétaire, « son petit laquais qui ne savait mot d'or- « thographe.

« Une heure ou deux après, un officier « des mousquetaires vint me dire que je « me disposasse à partir, et me laissa seule « avec la pauvre Rondel, ma femme de « chambre. La cassette pleine de mes pâte piers , qui m'était restée , m'inquiétait et

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