CHAPITRE XI
d'avoir cherché à gagner la garnison de Bayonne et de Perpignan, il avait formé les cadres de deux régimens sous le nom de Règimeiis des deux couronnes, pour recevoir les officiers et les soldats français qui voudraient prendre du service en Espagne ; il envoyait des vaisseaux pour observer les côtes de la Bretagne et offrir un appui aux
Paris, et elle n'en sortira que lorsqu'elle y sera contrainte par la force. En ce cas, il faudra céder , en faisant auparavant les protestations requises au Roi T. C. , au parlement et à tous les autres qu'il conviendra, sur la violence que le gouvernement de France exerce contre la personne et le caractère de V. E.
Supposé qu'elle soit obligée de partir , elle mettra auparavant le feu à toutes les mines. »
(Ce billet fut saisi à Bayonne.)
mécontens : enfin , lorsque Cellamare repassa les Pyrénées , il lui fit l'accueil le plus flatteur, et comme pour insulter à la France, il le nomma vice-roi de Navarre.
Cette audace comblait la mesure ; aussi , le régent , justement irrité , parla tout haut de faire la guerre à l'Espagne. « Eh quoi ! lui dit alors Saint-Simon, si un prophète ne vous annonçait que places et batailles perdues , entreprendriez-vous la guerre ? Eh bien ! aujourd'hui votre résolution devrait être la même, si ce devin ne vous promettait que victoires et succès ? Car enfin , où en seriez-vous, si Philippe V entrait en France, seul, désarmé, et venait se livrer à ces mêmes Français qui l'ont mis sur le trône, et réclamer les droits de sa nais-