‹ La Conspiration de CellamareChapitre 136 sur 166 · CHAPITRE XI. 24l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 24l

rire, et l'armée française est partout victorieuse, nos places fortes sont démantelées , nos garnisons prisonnières, l'empereur nous attaque en Italie, la (lotte anglaise menace nos ports ; voilà tous les fruits de ses fastueuses promesses, et vous tarderiez encore à sacrifier un traître qui a compromis votre couronne!

PHILIPPE

Si nous pouvions du moins acheter la paix par ce sacrifice!

LA REIJNE.

£f en doutez pas : le régent vous l'a écrit : c'est à Albéroni , c'est à lui seul que la France fait la guerre, et il vous faut choisir entre votre trône et lui. Mais s'il faut

tout vous dire, savez-vous que Laura nest II. 16

'2 k '2 LA GUERRE,

pas la seule à qui il ait parlé d'avenir ? Moimême et sans pitié ne m'a-t-il pas laissé entrevoir le plus affreux des malheurs ! N'a-t-il pas osé croire me flatter par la perspective d'une régence prématurée, moi, comme si je pouvais aimer un pouvoir que je ne tien^ drais pas de vos mains , comme si le trône avait pour moi d'autres charmes que celui de le partager avec vous ? Ah ! mon ami , mon roi , n'hésitez donc plus à éloigner de nous celui qui a voulu nous désunir. L'Europe nous applaudira ; la paix nous rendra le bonheur, et croyez-moi , il est assez beau de rester le maître des Espagnes et des Indes. »

Ce conseil, dicté tout à la fois par la peur et la raison, fit impression sur Philippe V;

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