CHAPITRE XI
avaient conspiré contre l'État; mais dans un noble cœur, la victoire dispose à la clémence, et la bonté naturelle du régent n'avait pas besoin d'être encouragée. Une pensée l'importunait au milieu de son triomphe; c'est que des Français languissaient sous les verroux pour un complot qu'il venait de laver dans le sang espagnol : « Il était impatient de faire grâce et de pro- « duire aux yeux de la France toute la « beauté de son caractère (1). » Aussi, malgré les rigoureuses sollicitations de Dubois, il se constitua lui-même le défenseur des accusés auprès du conseil de régence, et s'empressa de les rendre à la liberté.
(i) Lacrelelle : Histoire du 18e siècle.
Malezieux alla redemander de douces inspirations aux inuses de Châtenay ; le cardinal de Polignac, rappelé de son abbaye, reprit les hostilités contre Lucrèce ; Pompado ur se promit bien de ne plus rédiger de
manifeste; mademoiselle Delaunay écrivit ses mémoires , et l'inconstance du chevalier de Mesnil lui fit plus d'une fois regretter les murs de sa prison ; Laval eut ordre de voyager et ne rougit pas à son retour de toucher encore sa pension ; l'auteur desPhil ippiques, lui-même, eut la permission de revenir à Paris, et Richelieu, impatient de consoler tous les beaux yeux qui avaient pleuré son absence, courut de boudoir en boudoir pour acquitter les dettes qu'il avait contractées du haut des tours de la Bastille.