‹ La Conspiration de CellamareChapitre 140 sur 166 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Le duc du Maine serait mort de peur au château de Dourlens s'il y fût resté plus long-tems. Persuadé qu'on en voulait à sa vie, il tremblait sans cesse devant son gardien ; dans son incroyable humilité , il n'écrivait ni ne recevait jamais une lettre sans la montrer à Favancourt; ne lisait pas un livre qu'il ne lui en eût demandé la permission ; n'osait pas lui faire une seule question sur la cour, pâlissait au moindre bruit, et croyait, dès que la porte s'ouvrait, qu'on venait le chercher pour le conduire au supplice. Aussi, sa joie fut extrême de revoir son château de Clagny , car il ne voulut pas d'abord retourner à Sceaux de peur d'y rencontrer la duchesse ; il ne lui pardonnait pas de l'avoir fait, malgré lui,

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conspirateur et surtout prisonnier d'État.

Pour elle, orgueilleuse et craintive, elle avait obtenu par ses cris et ses prières d'être transférée du château de Dijon qu'elle détestait dans la citadelle de Châlons qu'elle n'aimait pas davantage : sa colère et ses terreurs la suivirent dans sa nouvelle prison. C'était la même crainte de l'écbafaud, la même abondance de lettres à tous les ministres pour protester de son innocence ; c'étaient les mêmes imprécations contre Dubois et le régent. Pour toute vengeance , ce prince n'exigea que l'aveu de sa faute : à cet effet, Le Blanc adressa, par son ordre, des instructions à La Billarderie.

Ce jeune officier, élevé dans un profond respect pour tout ce qui tenait à la tour,

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