LE DUC DU MAINE
Il est vrai , nous dit-on , que c'est pour le bien de l'Espagne qu'on la dépouille de la Sicile; il est vrai que Ton a pesé sagement l'intérêt de notre France en ouvrant à l'Angleterre l'empire des mers : cette puissance ne parlait pas si haut depuis le jour où Louis XIV avait rappelé à son ambassadeur que, toujours maître chez lui, il l'avait
(1) Mémoires de Saint-Simon.
été quelquefois chez les autres (i). Mais auj ourci'hui le même ambassadeur domine en maître au Palais-Royal, et tout annonce, dans le traité , que c'est sous l'influence de ses conseils, et peut-être même de son or, que l'abbé Dubois a négocié à Londres.
On a parlé d'une ligue formidable qui doit assurer le repos de la France et de l'Europe; mais je le demande, peut-il en exister une plus favorable à la France que l'union de Naples, de l'Espagne, de l'Italie et de la Sicile ? Que pourraient l'Angleterre et l'Em-
(i) Au sujet de la discussion sur le canal de Mardyck, lord Stair ayant haussé la voix , Louis XIV lui dit : « Monsieur l'ambassadeur , j'ai toujours été maître chez moi; je l'ai quelquefois été chez les autres; qu'on ne m'en fasse pas souvenir! »