‹ La Conspiration de CellamareChapitre 26 sur 166 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

pire contre le midi de l'Europe ainsi coalisé? Loin de là , on délaisse nos amis pour agrandir nos ennemis : c'est ainsi qu'on veut abaisser la marine espagnole pour livrer à l'Angleterre l'Océan et la Méditerranée ; en vain l'Angleterre est-elle divisée avec nous d'intérêts , d'industrie , d'ambition ; c'est l'Angleterre que l'on caresse, c'est l'Angleterre dont on veut étendre la puissance et l'avenir! A Dieu ne plaise que je me rende ici l'écho de tous les bruits qui circulent sur cette prédilection pour l'Angleterre! mais l'opinion en a cherché les causes, elle a fait des rapprochemens ; elle s'est demandé à quel titre le roi George était sur le trône, pourquoi on avait abandonné le prétendant, pourquoi enfin on agissait contre

tout ce qui était légitime; et c'est avoir jugé la guerre contre l'Espagne! Au surplus, soyez - en sûrs : on la déclarerait en vain : il n'est pas un gentilhomme français qui osât tirer son épée contre le petit-fils de Louis XIV : il n'en est pas un qui ne mît cette guerre au rang de ces guerres impies où la victoire même est un crime.

LE RÉGENT

Le crime est de livrer son pays à l'étranger, et non pas de le défendre. Philippe V est du sang de nos rois, mais il s'est fait Espagnol en acceptant la couronne d'Espagne ; et si l'orgueil de son ministre l'entraînait à la guerre, je ne crains pas de voir s'accomplir les prédictions de M. le duc du Maine : non , il a calomnié la noblesse fran-

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