CHAPITRE VII
çaise. Honte j honte éternelle à celui quisourd à la voix de son roi, verrait sans rougir le drapeau de l'étranger flotter sur sa patrie !
On nous accusé de violer les traités ! mais est-ce nous qui nous sommes emparés de la Sardaigne? Est-ce la France qui a envoyé une flotte contre la Sicile? Nous sacrifions l'Espagne à l'empereur! Cependant avec plus de mémoire on se rappellerait peut-être que, dans toutes ses lettres à Louis XIV , Philippe V ne cessait de répéter « que la paix ne serait stable que du « jour où l'archiduc le reconnaîtrait pour « légitime souverain de l'Espagne ( 1 ). » Avec
(1) Lettres de Philippe V à Louis XIV , du 16 mai I7i3;du3i janv. I7i4;du 17 mai 1714.
48 LE PALAJS-ROYAL.
plus de bonne foi on conviendrait que tel est le but du traité de Londres, et que ce n'est pas sacrifier l'Espagne que de la mettre pour toujours à l'abri des attaques de l'empereur, et d'assurer aux fils de la reine l'héritage des Farnèse et des Médicis.
Mais, fidèle à ses traditions, M. le duc du Maine a mieux aimé réduire à une question de personne cette vaste question d'Etat. Si je daigne y répondre, c'est pour déclarer une fois pour toutes : « qu'il faut bien qu'on se persuade deux choses que je ne souffrirai jamais : la première c'est qu'on attente à la vie du roi, la seconde que l'Espagnol règne en France (i). » J'espère que
(i) Mot du régent : Mémoires de madame de Maintenon.