‹ La Conspiration de CellamareChapitre 31 sur 166 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

mieux que le compliment de Madame ( i ). Je viens de la rencontrer à la porte de votre cabinet. « C'est donc toi, l'abbé, me ditelle, je suis contente de toi pour la première fois de ma vie. S'il y avait une ambassade en Chine ou en Perse, je te la ferais donner sur-le-champ. » — Pourquoi pas dans le soleil ou dans la lune ? lui ai-je répondu, le retour serait plus difficile.

LE RÉGENT

Que veux-tu? tu sais que ma mère n'a jamais été folle de toi, et si je l'avais écoutée, je t'aurais renvoyé à Brives-la-Gaillarde.

DUROIS.

Bien obligé, Monseigneur! mais le ré- (t) Charlotte de Bavière , mère du régent.

gent de France ne pouvait laisser dans l'inac-: tion l'homme qui l'a élevé.

LE RÉGENT, souriant.

Ce n'est peut-être pas le plus beau de ta vie ! Mais enfin tu n'as pas à te plaindre de moi. Cette ambassade de Londres a fait bien des jaloux, et je crois que le vieux d'Huxelles en mourra de dépit.

DUROIS.

Tant mieux pour le conseil! Le poète (i) a raison : « d'Huxelles est une caboche, mais jamais on n'a osé dire que ce fût une tête. »

(i) C'est ainsi qu'il avait surnommé Villars, qui avait la manie de citer à tous propos les vers de Corneille et de Racine , et qui ne savait pas l'orthographe.

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