CHAPITRE VIT
écrits (i); et la duchesse d'Orléans, belle, spirituelle et paresseuse avec délices; et la duchesse de Berry, si jolie, si vive, qui exr pia par une mort prématurée sa folle ardeur pour les plaisirs; et cette abbesse de Chelles qui, née avec toutes les grâces, préféra les austérités du cloître aux séductions de la cour; et mademoiselle de Valois au regard si tendre, au cœur si français; et mademoiselle de Montpensier qui monta à quinze ans sur un trône étranger et revint mourir dans sa patrie ; enfin , mademoiselle de Beaujolais et la princesse de Conti qui toutes deux avaient l'esprit et la beauté de
(i) Cette princesse a laissé des mémoires extrêmement curieux.
leur mère, et qui toutes deux ne brillèrent qu'un jour dans le monde.
Le régent est un de ces princes sur lesquels les jugemens ne sont pas d'accord : d'un côté, on n'a point osé être vrai; de l'autre, on a mieux aimé adopter une opinion toute faite que de prendre la peine de s'en composer une. Deux causes principales ont influé sur la conduite et sur la réputation du régent : la première , c'est sa place auprès du trône et sa position à la cour ; la seconde , c'est l'esprit de son tems. Il avait reçu de la nature tous les dons qui peuvent concilier la faveur : une belle figure, beaucoup d'esprit, de l'éloquence naturelle , une grâce plus persuasive encore , un grand courage, une bonté inépuisable ? une faci-