‹ La Conspiration de CellamareChapitre 46 sur 166 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

pondance était pressante (i), son langage haut, ses visites à la duchesse du Maine plus fréquentes et moins cachées. Il laissait ainsi entrevoir à tous les ennemis du régent que l'Espagne était prête à les soutenir ; il entretenait leur courage , il exaltait leurs espérances; et persuadé que s'il par-

(i) Cellamare à Albéroni :

« J'ai informé très-particulièrement le premier président du parlement, de l'indignation de S. M'., et j'en ai donné connaissance aux députés des États de Bretagne, en les assurant qu'ils pouvaient entrer dans toutes sortes d'engagemens , parce que les armes du roi seraient prêtes.

J'ai préparé tous les matériaux nécessaires , mais nos ouvriers sont las de rester oisifs ; je leur donne de bonnes paroles ; c'est de l'ouvrage qu'il faudrait leur donner , et la reine serait bien servie. ( Octobre 1718.) y

venait à faire déposer le régent, le traité de la quadruple alliance serait à l'instant même rompu , il appela auprès de lui l'abbé Brigaut, se hâta de recueillir les principales pièces du complot , les fit copier en sa présence pendant la nuit, et les adressa le '2 décembre 1 7 1 8 au cardinal Albéroni avec cette lettre :

Paris, 2 iobre 171 8.

Monseigneur ,

«J'ai trouvé nécessaire d'user de précaution dans le choix du moyen de faire passer à Votre Éminence les papiers que j'ai renfermés ici ; ainsi j'ai mis ce paquet entre les mains de don Vincent Portocarrero, frère du comte de Montijo, qui va où vous êtes, en le chargeant, avec grand soin, de le rendre à Votre Eminence. Je l'ai cacheté doublement, et j'y ai mis deux enveloppes. Votre Éminence trouvera dans ce paquet deux différentes minutes de manifestes, co-

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