CHAPITRE VIII
d'officiers français en Espagne, sans mener une troupe avec eux.
J'attends avec impatience les derniers ordres de S. M. » (1)
Mais à quoi tient le succès d'une conspiration ou la destinée d'un empire?
Si l'on interroge les saintes Ecritures, les annales de l'antiquité, l'histoire des tems modernes, on retrouvera, dans presque toutes les circonstances solennelles, l'influence des femmes. En vain les hommes voudraient méconnaître cette vérité; en vain ils ont arrangé le monde politique de manière à s'en réserver tous les honneurs : leur prétendue puissance tombe devant les armes d'un sexe que leur orgueil dédaigne
(1) Lettre autographe de Cellamare à Albéroni.
et dont leur faiblesse adore l'empire. Ces armes sont d'autant plus redoutables qu'elles sont plus variées , et qu'elles soulèvent tour à tour dans 1 arae toutes les passions ; c'est le fanatisme, la vertu, l'amour, la beauté, l'attrait des plaisirs! L'une, saintement homicide et chaste dans le déshonneur, sauve son pays au prix de sa vertu ; l'autre ne peut survivre à sa honte, et son sang engendre la
liberté de Rome. Ici , la fatale beauté d'une reine adultère arme la Grèce contre l'Asie ; là, guidée par la vengeance et par l'amour, une jeune tille immole le monstre qui désolait la France; et sans parler des jours de la chevalerie où le désir de plaire à sa dame inspirait tant d'honneur et de courage , que de belles actions dont les femmes ont été