CHAPITRE VIII
le mobile ou le but sur tous les chemins de la vie! Combien, auprès du trône, ont tempéré par leur douceur la sévérité du pouvoir suprême ! Que de génies leur ont dû, comme le grand Corneille, leurs premières inspirations! Que de héros n'ont joui de leur victoire qu'en venant, comme Henri IV, déposer leurs lauriers aux pieds d'une Corysande (1)!
Cette influence, il est vrai, n'eut pas toujours une source aussi pure; ainsi, ce fut une courtisane (2) qui jadis dévoila la conjuration de Catilina ; une courtisane aussi devait faire découvrir la conjuration de Cellamare (3).
(i) Après la bataille de Contras.
(2) Fulvie.
(3) Les historiens ne sont pas tons d'accord sur la
Dans l'antiquité, les courtisanes jouissaient de la plus haute considération; c'est pour elles qu'Alcibiade disputait les prix des jeux olympiques; Aspasie séduisit Socrate, maîtrisa Périclès et donna des lois à Athènes; Lais apprivoisa la philosophie d'Aristippe , effraya l'avarice de Démosthène , fit les délices de Corinthe , et la Grèce lui éleva des monumens. Phryné inspira le ciseau de Praxitèle , offrit de faire rebâtir la ville de Thèbes à ses frais , et sa statue , placée dans le temple de Delphes , parmi les images des
manière dont cette conspiration fut découverte; mais après avoir consulté tous les mémoires du temps et Duclos et Votaire , j'ai adopté cette version comme la plus authentique.