‹ La Conspiration de CellamareChapitre 61 sur 166 · CHAPITRE Vlil. TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlil. TI

prélat, s'imaginant qu'il s'agissait d'une bonne fortune, s'enveloppa dans son manteau, prit une voiture de ville, et se rendit mystérieusement chez la Filhon. « Mon fils , lui dit-elle , soyez le bien venu ! Quel métier faites- vous donc qu'on ne vous voit plus ni de jour ni de nuit. — - Tu es comme Calypso au milieu de ses nymphes, tu ne peux te consoler du départ d'Ulysse. Que veux-tu ? un secrétaire d'Etat appartient au gouvernement des pieds jusqu'à la tête. — Bon Dieu! que deviendrais-je s'il en était ainsi de tous les gens du roi ? C'est la Tencin qui nous fait tort auprès de vous. — Tu vois bien que non , puisque je suis tout prêt à lui faire une infidélité. — Monseigneur croit peut-être que je l'ai fait appe-

1er pour une affaire de cœur? — Et pourquoi donc, s'il te plaît? Crois-tu que sans cela je me serais dérangé de si bonne heure? — Je vous en demande bien pardon , mais cette fois il s'agit d'une affaire d'État. — Va-t'en au diable avec tes affaires d'État ; j'en ai par-dessus la tète ! — D'une conspiration ! — De quoi te mêles-tu ? Vous verrez qu'il faudra te donner la place de d'Argenson et le mettre à la tète de ta maison ! — Ce ne serait pas le plus mauvais moyen de faire la police. — Allons, parle, conte-moi ce que tu sais. » Et la Filhon lui révéla tout ce qu'elle avait entendu. — « A la bonne heure ! lui dit Dubois en se retirant; il ne fallait rien moins qu'une chose de cette importance pour mériter ton pardon. »

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