‹ La Conspiration de CellamareChapitre 60 sur 166 · CHAPITRE VIII. I J · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. I J

stant suffisaient. — Mais j'ai été obligé d'écrire quelques lettres pour l'Espagne. — Aviez-vous besoin pour cela d'une nuit tout entière ? Vous voulez m'abuser ; mais votre pâleur, votre trouble , vos yeux mourans de sommeil , tout vous trahit. — Apprends donc . . . Mais non , c'est un secret. — Jugez-vous un cœur tel que le mien indigne de le recevoir ? — Eh bien ! écoute ; il s'agit d'une conspiration contre le régent : le prince de Gellamare, voulant profiter du départ de l'abbé Porto-Carrero pour envoyer sûrement au cardinal Albéroni des papiers de la plus haute importance qu'il n'osait confier à un courrier ordinaire , nous a mandés hier dans son cabinet pour nous les faire copier sous ses

yeux. Ce travail n'a fini qu'avec la nuit, et ce matin je l'ai remis moi-même à Porto- Carrero, qui l'emporte clans sa voiture. »

Et Marianne, rassurée par cette confidence, mit toute sa tendresse à se faire pardonner sa jalousie.

Cependant un argus veillait à leur porte ; c'était la Filhon. Instruite que Marianne ne s'était pas couchée, elle venait savoir des nouvelles d'une santé si précieuse à sa maison , lorsqu'elle entendit parler avec feu dans sa chambre ; elle s'arrêta , et , reconnaissant la voix du secrétaire d'ambassade, elle prêta une oreille attentive, et ne perdit pas un mot de la conversation. L'avis lui parut assez important pour envoyer un émissaire à l'abbé Dubois. Le galant

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