‹ La Conspiration de CellamareChapitre 71 sur 166 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

lant, nous a laissé des mémoires qui attestent qu'il fut initié de bonne heure aux mystères du Palais-Royal (i).

Le comte de Broglie avait la physionomie d'une chouette et la malice d'un singe. Joueur, libertin , criblé de dettes , il passait sa vie dans les tripots, mais lorsqu'il avait le verre en main, il pétillait de gaîté; sa conversation n'était pas toujours chaste, mais quand on rit, on est indulgent, et il chantait les chansons les plus folles, et ses bons mots faisaient la fortune d'un souper.

Le chevalier de Brissac(2) avait conservé

(i) Voir ses Mémoires.

(a) Jean-Paul-Timoltion Cossé de Brissae , chevalier de Malte.

î34 l'opéra.

dans cette dangereuse intimité son caractère d'honneur, sa franchise et sa loyauté chevaleresques.

Le duc de Brancas était un homme brillant , mais frivole et voluptueux , qui effleurait la vie sans s'arrêter à rien de ce qui pouvait déranger son égoïsme ou sa paresse. Le régent voulait-il lui faire une confidence? «Gardez-vous-en bien, monseigneur , je ne sais pas conserver un secret. » Lui parlait-il des affaires de l'Etat ? « Les affaires m'ennuient, et la vie n'est faite que pour se divertir. » Et lorsque les gens de sa province le priaient d'intercéder pour eux auprès du prince : «J'ai beaucoup de faveur, répétait-il sans cesse, mais je n'ai nul crédit. »

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