CHAPITRE X
celui que le régent avait perdu. Averti de l'enlèvement de ses dépêches par un courrier que Porto-Carrero lui avait expédié de Poitiers, et qui était arrivé à Paris plusieurs heures avant le retour de Maroy, il avait fait un choix parmi ses papiers, et s'était empressé de livrer aux flammes ceux qui pouvaient le plus le compromettre. Les cheminées de son hôtel fumaient encore, lorsque Dubois, accompagné de Le Blanc, s'y présenta, après l'avoir fait cerner par un cordon de mousquetaires.
Dans la confiance que lui inspiraient les précautions qu'il avait prises, Cellamare les reçut d'abord avec une politesse railleuse qui semblait leur dire : « Il est trop tard ! » Mais sitôt qu'ils annoncèrent « qu'on allait,
au nom du roi , fouiller l'hôtel, de la cave au grenier, » il ne fut plus maître de sa colère , et brisa de sa main une statue dont les morceaux allèrent tomber aux pieds de Dubois. « J'aime mieux que ce soit elle que moi, dit froidement l'abbé. » « Chacun aura son tour, reprit l'ambassadeur, le ciel est juste! » Et comme Le Blanc saisissait dans son secrétaire un paquet, soigneusement cacheté ; « Monsieur, lui dit-il, remettez ces lettres à M. labbé; cela regarde l'ami du prince : ce sont des lettres de femmes ! » Dubois qui , sans se déconcerter, allait furetant partout , ne tarda pas à être vengé des railleries de Cellamare. Il le vit pâlir au moment où il ramassait sous la cendre encore chaude, un papier