‹ La Conspiration de CellamareChapitre 99 sur 166 · CHAPITRE X. I y · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. I y

que la flamme avait épargné : c'était la liste des conspirateurs ! « Je savais bien , dit l'ambassadeur avec dépit, que le régent avait des espions adroits, mais je ne les croyais pas assez braves pour aller au feu. » L'abbé , sans lui répondre , fit mettre les scellés sur tous ses papiers , et après l'avoir laissé sous la garde de M. de Libois . gentilhomme ordinaire de la manche , il se rendit au Palais-Royal.

« Monseigneur, dit-il au régent, je vous apporte la liste des conspirateurs, écrite de la main de Cellamare. — Garde-la , lui répondit le duc d'Orléans; je ne veux pas connaître ceux qui me trahissaient : ma conduite les engagera peut-être à me rester fidèles. — C'est avec cette générosité qu'on perd les Etats. —

iy6 LA BASTILLE.

Eh bien ! l'abbé , partageons-nous les rôles ; à toi la justice , à moi la clémence ! »

Resté maître de la direction de l'affaire, Dubois comprit qu'il fallait châtier avec vigueur et réduire à l'impuissance des coupables qui , enhardis par la bonté du régent, aspiraient à changer la face du royaume. Il commença par écrire à tous les ministres des puissances étrangères qui résidaient à la cour de France, une lettre en réponse à celle que le prince de Cellamare leur avait envoyée pour se plaindre de l'acte de violence exercé sur sa personne (i); il adressa en même tems une

(i) Voir aux pièces justificatives du chapitre X la lettre de Cellamare et la réponse de Dubois.

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