‹ La conspiration de l'étrangerChapitre 22 sur 75 · DANTON ET LA MORT DE LOUIS XVI IO · texte numérisé non relu

DANTON ET LA MORT DE LOUIS XVI IO

quelque importance à ce désir charitable. Il en vint alors à me proposer de me communiquer la seule méthode certaine par laquelle la vie du roi pourrait être sauvée. Il me dit que c'était un individu qui rassemblait à Londres les moyens, mais qu'étant suspect^ il lui était impossible de le voir à ce sujet. Il insista sur l'esprit vigoureux de cet individu, il dit que ses ressources étaient immenses, ses connaissances étendues, et qu'ayant eu une part active à la Révolution, qu'étant resté en bon termes avec tous les partis, qu'étant très profondément et confidentiellement engagé dans les affaires du roi, lui seul pouvait réussir dans l'entreprise. Il a demandé alors si je voudrais parler de la chose à M. Pitt, mais qu'il ne devait pas être nommé lui-même ; qu'il n'avait plus rien à dire sur le sujet, sinon de me donner le nom et l'adresse de l'individu (M. Talon, 116, Sloane- Street, à Chelsea) et que j 'étais alors libre de faire ce que je jugerais à propos. Je demandai de quelle façon M. Pitt pourrait intervenir. Il me fut répondu que ce devait être secrètement et non ouvertement. Je le priai de s'expliquer. Il dit qu'il ne pouvait s'expliquer davantage, qu'il m'avait soumis la chose en confidence et que l'affaire, autant qu'elle le concernait, devait en rester là.

« Soupçonnant que ce pouvait être une feinte

I. Talon, compromis dans les pièces de l'armoire de fer, venait d'être mis en accusation par la Convention (décret du 3 décembre 179a).

Io8 ÉTUDES ftOBESPIEnmSTES

de la part du Conseil exécutif pour découvrir si 'e gouvernement s'intéressait lui-même à la tervation de la vie du roi et me rendant pte que, si une telle idée devait être admise, igleterre pourrait être accusée de désirer ctuer la contre-Révolution, je crus prudentde litre extrêmement indifférent à la vie ou à la t de Louis XVI, si bien que le monsieur qui à moi est en droit de se plaindre de )a rudesse u mauvais accueil qui lui fut fait de la part du (d'Angleterre). C'était aussi dans l'opinion 1 était prudent de renforcer à Paris la convicque M. Pitt s'était fait à lui-même un devoir le pas se mêler du gouvernement intérieur de rance dans aucun cas, sous aucun prétexte, ni ctement ni indirectement. L'observation fut

I que c'était chose secrète. Je répondis que lis Jrop l'expérience du monde pour croire que ervention proposée pût rester secrète 2& heures ue, comme je savais l'aversion de M. Pittàse ïr des affaires intérieures de la France, relanent à la question qu'on pùl penser qu'il rviendrait au sujet du jugement du roi, je lis décliner la proposition, non seulement dans eine conviction où j'étais que ce serait chose ile, mais aussi par raison de délicatesse à ird de M. Pitt lui-même.

II exprima le désir que, puisque je ne voulais en parler à M. Pitt, ce qu'il avait dit restât identiei, — e/tlre quatre yeux. Ceci mit fin à

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