‹ La conspiration de l'étrangerChapitre 24 sur 75 · DANTON ET LA MORT DE LOUIS XVI III · texte numérisé non relu

DANTON ET LA MORT DE LOUIS XVI III

Noël avertit Miles quelque temps après, le i4 mars, que ses lettres à Danton étaient restées sans réponse. Il ne fit aucune allusion à laconversationdu i8 décembre 1792.

Il semble que nous pouvons considérer comme un fait certain que cette conversation a eu lieu et accepter tel quel le récit du confident de Pitt, qui l'a écoutée et notée sur le champ.

Un fait est hors de doute. Noél n'était dans l'affaire que Tinstrument de Danton. Les lettres de lui à Danton qui subsistent sont conçues dans des termes extrêmement familiers. Quand il partit pour Venise, il emmena avec lui Recordain, le demi-frère de Danton. Il en fit son secrétaire, il présida à son apprentissage diplomatique.

C'était Danton qui avait envoyé Noël à Londres en mission après le 10 août. Saint-Just ne manqua pas de rappeler le fait dans son célèbre rapport d'accusation : « Quand tu étais ministre, dit-il en s'adressant à Danton, il s'agit d'envoyer un ambassadeur à Londres pour resserrer l'alliance des deux peuples. Noël, journaliste contre-révolutionnaire, fut offert par Lebrun. Tu ne t'y opposas point. On te le reprocha comme une faiblesse. Tu répondis : « Je sais que Noël ne vaut rien, mais « je le fais accompagner par un de mes parents. » Quelle a été la suite de cette ambassade criminelle ? La guerre et ta liaison avec Dumouriez et Brissot ! »

Le parent, qui accompagna Noël à Londres

lia ÉTUD£S ROBESPIERRISTES

après le lo août, était déjà le même Recordain, qu'il emmènera ensuite à Venise. Il y a au dossier de Danton une lettre de Recordain à Danton, datée de Londres le 28 octobre 1792, c'est-à-dire de quelques semaines antérieures à la conversation de Noël avec Miles. On voit dans cette lettre, écrite en anglais, que Mergez, le cousin de Danton, était aussi à Londres, mais qu'il retournait à Paris : « J'ai beaucoup de choses à vous dire, disait Recordain, mais Mergez vous les dira. Je l'ai chargé d'embrasser ma belle-sœur; s'il oublie, je vous prie de le faire pour moi*. »

L'intimité de Danton avec Noël est reconnue par Noël lui-même dans les lettres qu'il écrivit à Miles. Dans l'une d'elles, datée du 26 décembre 1793, il proteste contre la mauvaise renommée qu'on a faite à son ami. Il affirme à Miles que Danton est un bon fils, un bon époux, un bon père, un bon ami, etc. Quand Danton fut conduit au supplice, Noël craignit pour lui-même. Il demanda à Miles de lui procurer un passeport 'pour gagner l'Angleterre par l'Allemagne,... mais il est inutile de pousser plus loin la démonstration.

Quand Noël se présenta à Miles, le soir du 18 décembre 1792, pour lui demander de mettre Talon en rapport avec Pitt, il ne dit pas qu'il agissait en son nom personnel. Il ne dit pas non plus que sa démarche lui était commandée par le

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